Coalition contre les jihadistes voulue par les USA

Vendredi à Newport (Pays de Galles) au sommet de l'OTAN, les Etats-Unis ont appelé les Etats membres de se joindre à eux en coalition contre les jihadistes sunnites de l'Etat islamique (EI) en Irak. Ils excluent cependant d'envoyer des troupes au sol.

06 sept. 2014, 08:15
Les Etats-Unis ont entrepris vendredi la formation d'une coalition pour combattre l'Etat islamique (EI) en Irak. La Maison-Blanche a appelé ses alliés de l'OTAN à se joindre à Washington, tout en excluant d'envoyer des troupes au sol.

Les Etats-Unis ont entrepris vendredi la formation d'une coalition pour combattre l'Etat islamique (EI) en Irak. La Maison-Blanche a appelé ses alliés de l'OTAN et leurs partenaires à se joindre à Washington, tout en excluant d'envoyer des troupes au sol.

Le président américain Barack Obama a promis de "démanteler et de détruire" le groupe jihadiste sunnite après la décapitation du journaliste américain Steven Sotloff cette semaine. Au sommet de l'OTAN à Newport, au Pays de Galles, il entendait compter ses alliés.

La coalition n'aura rien à voir avec celle qui avait permis à Washington d'envahir l'Irak en 2003, a souligné plus tard la porte-parole du département d'Etat, Marie Harf. "Il ne s'agit pas d'une coalition américaine, il s'agit d'une coalition mondiale", a insisté la porte-parole américaine.

Plus tôt dans la journée, le secrétaire d'Etat John Kerry et le secrétaire à la Défense Chuck Hagel ont dit aux ministres d'une dizaine d'Etats membres de l'Alliance atlantique qu'ils pouvaient contribuer de différentes façons à l'effort de guerre.

"Nous sommes convaincus que nous avons les moyens de détruire l'Etat islamique", a insisté John Kerry pendant la réunion. "Cela prendra peut-être un an, peut-être deux ans, peut-être trois ans. Mais nous sommes déterminés."

"Il faut les attaquer de manière à les empêcher de conquérir des territoires, il faut renforcer les forces de sécurité irakiennes et les autres forces régionales qui sont prêtes à les affronter, sans engager nos propres troupes", a précisé John Kerry. "A l'évidence, il y a une ligne rouge pour nous tous ici: pas de troupes au sol."

Fin septembre déjà

Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Danemark, de la Turquie, de la Pologne, du Canada et de l'Australie ont participé à cette réunion en marge du sommet de l'OTAN.

John Kerry a souhaité que le plan soit élaboré d'ici fin septembre qui verra une réunion de l'Assemblée générale des Nations unies. M. Obama doit par ailleurs présider fin septembre une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à la menace des jihadistes étrangers en Syrie et en Irak.

Paris répond présent

La France participera à une coalition internationale si le gouvernement irakien en fait la demande et dans le respect du droit international, a déclaré M. Hollande après la rencontre. Le secrétaire au Foreign Office britannique a affirmé que Londres n'avait pas encore pris de décision concernant une participation aux frappes aériennes.

Certains pays se sont montrés nuancés. "Nous commençons tout juste à traiter la question d'un groupe (l"'Etat islamique"), contre lequel personne n'a de stratégie à long terme", a souligné chef de la diplomatie allemande Frank Walter Steinmeier.

Le Canada va envoyer pour 30 jours des conseillers militaires auprès du gouvernement irakien pour l'assister dans les opérations stratégiques. Le Premier ministre canadien Stephen Harper a jugé que l'Etat islamique représentait "une menace directe pour le Canada et pour ses alliés".

Parachutage

Un responsable de l'OTAN a expliqué que les Etats membres seraient chargés d'apporter une aide sécuritaire à l'Irak. L'Alliance elle-même coordonnera les livraisons et les parachutages en faisant en sorte que les avions nécessaires soient toujours disponibles.

Le président français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron ont souligné au cours d'entretiens privés avec Barack Obama que Washington ne pouvait pas se contenter d'ordonner des frappes aériennes contre des cibles jihadistes sans élaborer une stratégie globale, ont dit des sources européennes.

Syrie ou Irak

Sur le terrain, les Etats-Unis, seraient opposés à des compatriotes. Une dizaine d'Américains se battent aux côtés des jihadistes, a annoncé jeudi le porte-parole du Pentagone. Il n'a toutefois pas été en mesure de préciser si ces derniers se trouvent en Syrie ou en Irak, deux pays où l'EI s'est implanté.

Par ailleurs, les forces kurdes et les miliciens chiites ont découvert 35 cadavres dans la ville de Souleimane Bek, au nord de Bagdad, qu'ils ont reprise lundi à l'EI, ont indiqué un officier et un médecin.