Climat: la Banque Mondiale sonne l'alerte

Pénuries alimentaires en Afrique, inondations en Asie: la Banque mondiale (BM) a mis en garde mercredi contre la hausse de 2°C de la température du globe qui pourrait se produire d'ici à 2040. Cette augmentation risque de compromettre la lutte contre la pauvreté.

19 juin 2013, 11:48
La planète, baptisée PH1, située à près de 5.000 années lumière de la Terre (une année lumière correspond à 9.461 milliards de kilomètres) est en orbite autour de deux soleils, et deux étoiles tournent autour de ces derniers.

"Si le monde se réchauffe de 2°C, ce qui pourrait arriver dans les vingt à trente prochaines années, cela se traduira par de vastes pénuries alimentaires, des vagues de chaleur sans précédent et des cyclones plus violents", a résumé le président de la Banque Mondiale (BM), Jim Yong Kim, en préambule du rapport.

L'institution, qui avait déjà sonné l'alerte sur le climat en novembre, confirme ainsi son scepticisme sur la capacité de la communauté internationale à contenir la hausse du thermomètre mondial à +2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, alors que la planète en est déjà à +0,8°C.

"Des températures extrêmes pourraient affecter les récoltes de riz, de blé de maïs et d'autres cultures importantes et menacer la sécurité alimentaire" des pays pauvres, prévient ce nouveau rapport. L'Afrique et l'Asie du Sud-Est en seraient les premières victimes alors que leurs habitants "ne sont pas maîtres de la hausse de la température mondiale", a souligné le président de la BM.

"Crises majeures en Asie"

Selon ce scénario à "+2°C", le Continent africain verrait à terme sa production agricole totale reculer de 10% d'ici à 2050 et environ 40% de ses terres dédiées au maïs devenir "inutilisables" dans la décennie 2030. La part des populations en état de malnutrition risquerait par ailleurs de flamber "de 25% à 90%" en fonction des pays.

L'Asie du Sud et du Sud-Est serait, elle aussi, sous la menace de "crises majeures". Les inondations massives qui ont touché plus de 20 millions de personnes au Pakistan en 2010 pourraient devenir "monnaie courante", selon la Banque mondiale.

De violents épisodes de sécheresse pourraient également frapper l'Inde tandis que la montée des eaux en Asie du Sud-Est, associée à des cyclones, pourrait se traduire par l'inondation d'une "grande partie" de Bangkok dans les années 2030, d'après le rapport.

"Changement radical"

"Un nouvel élan est nécessaire", clame l'institution à l'heure où la mobilisation politique sur le climat marque le pas. Lancé en 1995, le processus de négociations à plus de 190 pays n'a donné que de maigres résultats et ne reprendra pas avant une conférence à Paris en 2015. En cas d'inertie politique, la BM réaffirme d'ailleurs que le thermomètre pourrait grimper de 4°C d'ici à 2080.

L'objectif, récemment fixé par la Banque mondiale, d'éradiquer l'extrême pauvreté d'ici à 2030 pourrait en pâtir.

L'institution a doublé en un an ses investissements destinés à financer l'adaptation des pays aux changements climatiques (4,6 milliards de dollars en 2012). Elle admet qu'elle doit elle aussi opérer un "changement radical" en cessant de financer des projets de développement émetteurs de CO2.