Chine: le Parti communiste chinois renforce son emprise sur le système judiciaire

Quelque 200 membres titulaires et 170 suppléants du Parti communiste chinois (PCC) se retrouvent en réunion plénière pour renforcer l'emprise sur le système judiciaire.

20 oct. 2014, 09:03
Le Parti communiste chinois (PCC) a ouvert lundi à Pékin la réunion plénière de son comité central. C'est l'occasion pour lui de renforcer son emprise sur un système judiciaire particulièrement sollicité sous l'autorité du président Xi Jinping.

Le Parti communiste chinois (PCC) a ouvert lundi à Pékin la réunion plénière de son comité central. C'est l'occasion pour lui de renforcer son emprise sur un système judiciaire particulièrement sollicité sous l'autorité du président Xi Jinping.

Ce plénum, quatrième de l'ère ouverte par le 18e congrès de novembre 2012, rassemble les quelque 200 membres titulaires et les 170 suppléants du comité central, ainsi que la commission centrale d'inspection disciplinaire, l'organisme redouté qui mène tambour battant une dure campagne anticorruption.

Officiellement, les quatre jours de travaux des plus hauts dirigeants de la deuxième puissance mondiale sont consacrés au renforcement de l'"autorité de la loi".

"Quand les dirigeants chinois parlent de l'autorité de la loi, ils évoquent pratiquement toujours une manière de renforcer le contrôle du parti sur les responsables", explique Michael Davis, de l'Université de Hong Kong.

Oeil intéressé

Les investisseurs étrangers, qui appellent de leurs voeux un cadre légal plus sécurisé pour leurs affaires en Chine, suivront d'un oeil intéressé ce plénum, même si la rencontre se déroule d'habitude à huis clos et dans le plus grand secret, dans un hôtel de la capitale.

Le plénum doit également se prononcer sur le sort de l'ancien ministre de la Sécurité publique, Zhou Yongkang, tombé en juillet dernier pour corruption. Il est le plus haut personnage du régime ainsi éliminé depuis la fondation de l'Etat communiste en 1949.

Traditionnellement, rien ne transparaît avant la fin de l'événement, placé sous haute sécurité, auquel assistent le président Xi Jinping, le premier ministre, Li Keqiang, et les autres hiérarques du régime. Pour M. Xi, ce plénum doit d'abord permettre de réaffirmer la supériorité du pouvoir central - assimilé à "la loi" - sur les puissantes féodalités locales.

En menant une campagne anticorruption très médiatisée, avec au moins 51 hauts responsables de rang de vice-ministre et au-dessus limogés, selon un comptage de l'AFP, M. Xi s'est également débarrassé de rivaux potentiels. Ce plénum doit donc aussi lui servir à apaiser le jeu, après avoir suscité des ondes de choc dans tout l'appareil communiste.