Canonisation: François et Benoît XVI célébreront ensemble la messe

Le pape Benoît XVI et le pape François célébreront ensemble la messe de double canonisation dimanche matin au Vatican.
26 avr. 2014, 20:10
In this picture provided by the Vatican newspaper L'Osservatore Romano, Pope Emeritus Benedict XVI, left, welcomes Pope Francis as they exchanged Christmas greetings, at the Vatican, Monday, Dec. 23, 2013. (AP Photo/L'Osservatore Romano, ho)

Le pape émérite Benoît XVI et le pape François célèbreront ensemble la messe de canonisation de Jean XXIII et Jean Paul II dimanche matin au Vatican, a annoncé samedi le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi. L'évènement pourrait drainer près d'un million de personnes.

La présence de Benoît XVI, qui vit retiré au Vatican depuis sa démission historique l'an dernier, n'était jusqu'ici pas confirmée officiellement. Certains médias avaient déjà parlé de "la messe des quatre papes" dans la basilique Saint-Pierre.

"Ce sera un événement comme Rome n'en a jamais vécu dans son histoire, la canonisation de deux papes en présence de deux papes vivants", François et Benoît XVI, avait affirmé mercredi dernier Mgr Liberio Andreatta, chef de l'agence vaticane d'organisation des pèlerinage (ORP).

"Emotion"

Il avait souligné "l'émotion" qui devrait saisir alors le pape argentin et le pape émérite allemand. Mais le porte-parole du Vatican s'était ensuite refusé à confirmer cette présence, "compte tenu de l'âge" du pape émérite.

Des centaines de milliers de personnes - peut-être plus d'un million - 98 délégations d'Etats ou d'organisations internationales, dont 24 chefs d'Etat et têtes couronnées - du roi d'Espagne au président zimbabwéen Robert Mugabe - sont attendues dimanche sur la place Saint-Pierre pour l'événement au retentissement planétaire voulu par le pape François.

Proche collaborateur de Jean Paul II

Le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) avait été un des plus collaborateurs du pape Jean Paul II, associé étroitement à la plupart de ses décisions. Jusqu'à ses derniers moments en 2005, il était resté un ami fidèle et proche du pontife très affaibli par la maladie de Parkinson.

En tant que "peritus" (expert) du cardinal de Cologne Josef Frings, il avait participé, en apportant des idées novatrices, au concile Vatican II (1962/65) lancé par Jean XXIII. Il devait confier par la suite que Vatican II était l'évènement central de sa vie, sur lequel il a développé ses idées de théologien dans des centaines de textes.

Il voyait dans le Concile "un renouveau dans la continuité" et non une "rupture" avec l'Eglise du passé.

Cohabitation cordiale

Depuis l'élection de François en mars 2013 après sa démission spectaculaire en février, une cohabitation cordiale s'est établie entre les deux papes, vivant à quelques centaines de mètres l'un de l'autre dans le petit Etat.

Le pape émérite est resté fidèle à sa promesse de ne pas s'immiscer dans les affaires de son prédécesseur, mais a aussi accepté de donner son avis quand il était sollicité.

Salut chaleureux

Lors de la messe du premier consistoire de François, en février, Benoît XVI, tout de blanc vêtu, avait fait son apparition au premier rang à côté des cardinaux vêtus de rouge. Assis sur une chaise, il était discrètement resté à sa place. Le pape François était venu le saluer chaleureusement, et, en signe de déférence et obéissance, Benoît avait retiré sa calotte et salué tête nue le pape régnant.

Critiques des traditionnalistes

La canonisation de Jean XXIII, initiateur du Concile Vatican II (1962-1965) qui marqua l'ouverture de l'Eglise catholique à la société et autres religions, ne semble critiquée par personne, à part les traditionalistes. Celle de Jean Paul II, même si nul ne conteste sa stature internationale et le rôle qu'il a joué dans la chute du communisme, compte des détracteurs.

Ceux-ci lui reprochent notamment un aveuglement face aux crimes pédophiles et sa sévérité avec les théologiens dissidents, notamment ceux de la théologie de la libération.

Pas parfait

Des accusations rejetées vendredi par son ancien porte-parole, Joaquin Navarro-Valls. "Sainteté ne veut pas dire perfection", a souligné le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, selon lequel la canonisation de Jean Paul II, seulement neuf ans après sa mort, est "sans doute la plus rapide" de l'histoire de l'Eglise catholique.