Cameroun: crime homophobe non jugé

Le journaliste camerounais et militant de la cause homosexuelle Eric Ohena a été torturé et assassiné le 15 juillet 2013, à son domicile à Yaoundé. Un an plus tard, "la justice est au point mort", selon la FIDH.

11 juil. 2014, 22:54
Eric Ohena Lembembe a tenu un blog relatant 76 crimes homophobes non-jugés par la justice camerounaise. Il a été torturé puis laissé pour mort le 15 juillet 2013.

D'après ses amis, il a été battu à mort par ses agresseurs, son cou et ses pieds ont été brisés, son visage, ses mains et ses pieds brûlés au fer à repasser. Il était un militant reconnu au Cameroun où l'homosexualité est passible de cinq années d'emprisonnement, et un proche collaborateur de l'organisation Human Rights Watch (HRW).

Constat "accablant"

"Le constat est accablant : enquête bâclée, instruction bloquée et dédain voire intimidation des proches de la victime", dénonce la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) dans un communiqué publié conjointement avec plusieurs Ongs camerounaises de défense des droits humains

"(...) Un an après l'assassinat", le juge d'instruction "n'a fait que convoquer la mère, la soeur et le frère d'Eric Ohena Lembembe dans une procédure et au moyen d'actes aux nombreuses irrégularités: aucune photo ni empreinte n'a été prise sur la scène du crime, le certificat de genre de mort ne mentionne pas les brûlures et autres blessures visibles sur le corps", accuse le communiqué.

"Mesures d'intimidation"

"Une absence de volonté politique de faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat", poursuit la FIDH alors que "parallèlement, la famille et les proches de la victime font face à ce qui peut être qualifié de mesures d'intimidation".

De nombreuses ONGs dénoncent régulièrement les arrestations et emprisonnements de personnes homosexuelles au Cameroun, de même que les nombreuses pressions et menaces à l'égard des défenseurs de leurs droits.