Cambodge: début des funérailles de l'ex-roi Norodom Sianouk

Tout le Cambodge rend hommage dès ce vendredi et jusqu'à lundi, à son ancien roi, Norodom Sihanouk mort en octobre 2012.

01 févr. 2013, 07:05
Les autorités cambodgiennes attendaient plus d'un million de personnes pour les cérémonies d'hommage à leur ancien roi Norodom Sihanouk qui ont débuté un peu avant 8 heures avec la sortie du cercueil doré du palais royal.

Le Cambodge a commencé vendredi matin les fastueuses funérailles de son ancien roi Norodom Sihanouk, figure mythique du XXe siècle décédée en octobre dernier. La Nation toute entière lui rendra hommage jusqu'à sa crémation lundi.

Les autorités attendaient plus d'un million de personnes pour ces cérémonies qui ont débuté un peu avant 8 heures avec la sortie du cercueil doré du palais royal, encadré d'une haie d'honneur de responsables gouvernementaux portant médailles et décorations.

De part et d'autre du palais, où il reposait depuis son décès, étaient disposées six photos du défunt tout au long de sa vie, notamment en moine, en jeune monarque, en militaire puis en vieillard apaisé.

Char doré

Dès avant l'aube, des milliers de Cambodgiens étaient massés dans les rues de Phnom Penh, portant chemise blanche et cravate noire, pendant que des haut-parleurs égrenaient les grands moments de la vie de Sihanouk sur fond de musique traditionnelle.

Douze canons disposés sur les bords du Tonlé Sap devaient ensuite tirer 101 coups, annonçant le départ de la procession qui mènera le corps, à bord d'un char doré en forme d'oiseau mythologique, vers le crématorium construit pour l'occasion dans un parc voisin, après un parcours de plusieurs heures dans le centre-ville.

Celui qui se faisait appeler "Monseigneur Papa" y restera jusqu'à lundi avant que sa veuve, la reine Monique, et son fils Norodom Sihamoni, en faveur duquel il avait abdiqué en 2004, n'allument le bûcher.

Calculateur

Sihanouk est décédé à Pékin le 15 octobre, à 89 ans. Tour à tour Premier ministre, chef de l'Etat, roi, il a accompagné les soubresauts de son pays depuis l'indépendance jusqu'à la guerre civile, en passant par "l'âge d'or" des années 50 et 60, et la terreur des Khmers rouges.

Il n'a pour autant jamais hésité à réprimer ses adversaires. Et n'a reculé devant aucun calcul politique, comme lorsqu'il a fait alliance avec le régime de Pol Pot (1975-1979), responsable de la mort de deux millions de personnes.

Embaumé

Des experts cambodgiens et chinois l'ont embaumé au moyen d'un procédé sans doute analogue à celui utilisé pour le corps du dirigeant chinois Mao Tsé-toung, décédé en 1976 et toujours visible.

De nombreux dirigeants asiatiques seront présents pour la crémation lundi, ainsi que le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, représentant l'ancienne puissance coloniale. Quelque 10'000 membres des forces de l'ordre seront déployés.

Les cendres de Sihanouk reposeront dans un stupa, au sein du palais royal, respectant ainsi les voeux du défunt.