Calais: la justice examine la légalité du démantèlement partiel de la "Jungle" prévu mardi soir

La tension monte en France, dans la région de Calais, où une grande partie des réfugiés de la "Jungle" sont sommés de quitter les lieux mardi avant 20h. Des associations de défense des migrants réclament la suspension de l'ultimatum. La justice française doit rendre un verdict en début d'après-midi.

23 févr. 2016, 09:11
L'ultimatum de mardi soir pour évacuer la partie sud de la "Jungle" avait été posé vendredi.

La justice française examine mardi la légalité de l'ultimatum lancé par l'Etat aux occupants d'une partie importante de la "Jungle" de Calais (nord) leur demandant de quitter les lieux avant 20h00. Elle procède à cet examen à la demande d'associations de défense des migrants.

Le tribunal administratif de Lille doit statuer en début d'après-midi sur un référé déposé par 250 migrants et 10 associations, selon leur avocate, Me Julie Bonnier.

 

Ils réclament la suspension d'un arrêté pris vendredi par la préfecture du Pas-de-Calais, représentant de l'Etat, qui ordonne aux occupants de la zone sud du bidonville de quitter les lieux d'ici mardi soir. La perspective d'une évacuation par la force s'est toutefois estompée lundi, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve promettant qu'elle se ferait "de manière progressive".

"Il s'agit d'une violation des droits fondamentaux des migrants. Les solutions proposées ne sont pas du tout adaptées à leurs besoins. Il faut qu'ils puissent rester ici en attendant que d'autres solutions soient trouvées", a argumenté Me Bonnier.

 

 

Le juge administratif devrait, selon l'avocate, se rendre d'abord sur place mardi matin pour rencontrer les parties et se faire une idée de la situation.

Sa décision sera suspensive: autant dire que la justice administrative pourrait contrarier les plans du gouvernement français, qui entend commencer à faire évacuer la partie sud de la "Jungle" à partir de mardi 20h00.