Bruxelles: l'UE se penche sur Lampedusa et l'espionnage américain ce jeudi

La tragédie d'immigration de Lampedusa sera au coeur des débats des dirigeants européens qui se retrouvent ce jeudi à Bruxelles. L'espionnage intensif américain fera également partie de leur réunion.
24 oct. 2013, 06:56
Le drame de l'immigration de Lampedusa sera au coeur des débats des dirigeants européens qui se retrouvent ce jeudi à Bruxelles. Le chef du gouvernement italien Enrico Letta demande un renforcement du service de surveillance des frontières.

Les dirigeants de l'UE se retrouvent jeudi pour le sommet européen à Bruxelles. La politique européenne d'immigration après la tragédie de Lampedusa et la façon de répondre à l'espionnage intensif des Américains en Europe devraient dominer la réunion.

Les dirigeants des pays européens confrontés à l'afflux de migrants en Méditerranée, Italie et Malte mais aussi Grèce et Espagne, vont exiger de leurs homologues plus de solidarité concrète, trois semaines après le drame tout près des côtes de la petite île de Lampedusa qui avait fait plus de 360 tués.

Ils ne veulent plus se contenter de paroles. Le chef du gouvernement italien Enrico Letta demande un renforcement de Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes.

Le Maltais Joseph Muscat veut que l'UE se dote d'une "stratégie claire". L'Espagnol Mariano Rajoy a lui demandé mercredi que le contrôle aux frontières soit "un effort partagé par l'ensemble de l'Union".

Demande d'amélioration du texte

Dans un projet de conclusions en début de semaine, les chefs d'Etat et de gouvernement devaient se contenter d'appeler à "faire plus pour éviter" de nouveaux drames. Ils renvoyaient à juin 2014, soit après les élections européennes, l'établissement d'une "politique de long terme" en matière d'asile et de migration.

Selon différentes sources, plusieurs pays du Sud ont demandé une amélioration du texte. Une nouvelle version a été élaborée. Elle appelle au "renforcement" de Frontex en Méditerranée et à une "politique de retour plus efficace".

Le texte demande aussi la mise en oeuvre "rapide" par les Etats membres d'Eurosur, un nouveau système sophistiqué de contrôle, notamment en mer. Il évoque également la nouvelle "task force" destinée à passer en revue les moyens déjà à disposition de l'UE. Une première réunion est prévue jeudi et une évaluation est attendue en décembre.

Et les dirigeants devraient plaider pour une "meilleure coopération" avec les pays d'origine et de transit, pour lutter notamment contre le trafic d'êtres humains.

Démenti d'Obama

La réunion des chefs d'Etat et de gouvernement intervient en pleine révélation sur l'ampleur de l'espionnage des Américains, y compris au plus haut niveau.

Après les informations selon lesquelles l'agence de sécurité américaine (NSA) avait intercepté plus de 70 millions de données téléphoniques de Français, Berlin a annoncé mercredi soir que le téléphone portable de la chancelière Angela Merkel elle-même "pourrait être surveillé par les services américains". Une affirmation aussitôt démentie par le président Barack Obama.

Même si les questions de renseignements relèvent de chaque Etat, et non de l'UE, des pays veulent profiter du scandale pour faire avancer la proposition de la Commission européenne concernant la protection des données, sur laquelle les Européens butent depuis des mois.

Bruxelles veut imposer aux grands groupes de l'Internet d'obtenir le consentement préalable des personnes pour l'utilisation de leurs données personnelles, sous peine d'amendes.