Brexit: le Royaume-Uni a officiellement quitté l’Union européenne à minuit

Après quatre ans et demi d’une saga interminable, le Brexit est devenu vendredi une réalité. Les Britanniques arrêtent ainsi d’appliquer les règles de l’Union européenne.

01 janv. 2021, 08:08
A 23 heures heure anglaise, le Royaume-Uni est sorti du marché unique européen.

Après 47 ans de mariage orageux, les amarres sont larguées: le Royaume-Uni s’est affranchi jeudi à minuit (heure suisse) des règles européennes. C’est un «moment incroyable» mais lourd en défis, a lancé le premier ministre Boris Johnson, grand artisan du Brexit.

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À 23h00 locales, sans effusion de joie au sein d’une population en grande partie confinée, le Royaume-Uni a cessé d’appliquer les règles de l’UE. Il est sorti du marché unique et de l’union douanière européens.

Quatre ans et demi après un référendum qui a sonné la victoire du «leave» à 52%, prenant le monde de court, c’est l’aboutissement du Brexit pour le pays, sorti officiellement de l’UE le 31 janvier, mais ayant bénéficié d’une période transitoire pour amortir le choc.

 

 

«C’est un moment incroyable. Nous avons notre liberté entre nos mains et il nous revient d’en tirer le meilleur parti», s’est félicité dans ses voeux Boris Johnson. Il a assuré que le Royaume-Uni serait «ouvert, généreux, tourné vers l’extérieur».

Retour des contrôles douaniers

L’accord de libre-échange, sans quota ni droit de douane, conclu in extremis avec Bruxelles évite une rupture trop abrupte qui aurait créé le chaos à la frontière voire des pénuries. Mais le bouleversement est réel: la libre circulation permettant aux marchandises comme aux personnes de passer sans entrave la frontière a pris fin – sauf entre l’Espagne et l’enclave britannique de Gibraltar, en vertu d’un accord conclu jeudi.

Quels changements vendredi?

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier 2020, mais a continué d’observer ses règles pendant une période de transition qui s’est achevée jeudi soir à minuit. Le pays s’est affranchi des règles européennes, pour le meilleur ou pour le pire.

Avec l’accord commercial annoncé la veille de Noël, le Royaume-Uni échappe au scénario catastrophe du «no deal», qui faisait craindre le chaos aux frontières, voire des pénuries. Mais les exportateurs britanniques devront malgré tout remplir une multitude de documents pour prouver que leurs biens sont autorisés à entrer dans le marché unique.

 

 

Cet alourdissement des procédures chronophage va leur coûter de l’argent et retarder le passage des frontières. Le gouvernement britannique avait prévenu qu’il faudrait s’attendre à des «perturbations à court terme», accord ou pas.