Brésil: l'épidémie du virus Zika "clairement" en régression

Au Brésil comme en Colombie et au Cap Vert, la fin de la saison estivale est marquée par une régression de l'épidémie Zika. L'avenir est incertain quant à la résurgence du virus à la fin de l'hiver.

25 avr. 2016, 15:52
Plus de 1,5 million de Brésiliens ont déjà été contaminés et le virus Zika s'est répandu dans de nombreux pays d'Amérique latine.

L'épidémie de Zika est "clairement" en régression au Brésil, a estimé lundi une responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette baisse est probablement liée à la fin de la saison estivale.

"L'épidémie est clairement sur la voie descendante au Brésil", a déclaré Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale de l'OMS lors d'une conférence de presse à Paris. "C'est le cas également en Colombie et au Cap Vert", a-t-elle ajouté, sans donner de chiffres. Elle a toutefois souligné qu'il était impossible à ce stade de savoir s'il y aurait une résurgence de l'épidémie à l'avenir.

"Va-t-on voir une résurgence du virus à la sortie de l'hiver? Aura-t-on deux années épidémiques? Ou va-t-on voir ce que l'on a vu avec le chikungunya (...) une immunité de population?" du fait d'une majorité de personnes déjà infectées par Zika, a-t-elle poursuivi. "La science avance mais on a encore beaucoup d'interrogations quant à la suite", a-t-elle commenté.

Plus de 1,5 million de Brésiliens ont déjà été contaminés et le virus s'est répandu dans de nombreux pays d'Amérique latine.

Réseau de surveillance

Plus tôt, Mme Kieny avait indiqué qu'un accroissement important du nombre de cas Zika était possible dans les zones non encore infectées par le virus comme en Europe par exemple. Interrogée sur un risque d'expansion en Afrique, elle a souligné que "pour le moment, on n'a pas de certitude".

"Le virus et donc l'épidémie pourraient se propager partout où le vecteur existe", a-t-elle ajouté. "Donc ce que l'on met en place actuellement, dans l'incertitude de l'avenir, c'est un réseau de surveillance à travers l'Afrique pour être sûr de pouvoir détecter le plus rapidement possible si les moustiques endogènes sont infectés par la souche de Zika".

Plus de 600 experts et chercheurs sont réunis lundi et mardi à l'Institut Pasteur à Paris pour un colloque scientifique international sur le Zika. Ce virus s'est révélé plus inquiétant qu'escompté, provoquant notamment un développement insuffisant du crâne et du cerveau des foetus (microcéphalie).