Boston: les camarades de Djokhar Tsarnaev stupéfaits et choqués

De retour dimanche sur leur campus, les étudiants de l'université de Dartmouth (Massachusetts) se remémorent les derniers instants partagés avec Djokhar Tsarnaev, un des auteurs présumés du double attentat de Boston.

22 avr. 2013, 12:54
Les étudiants de Dartmouth (Massachusetts) n'oublieront pas les jours qui ont suivi les attentats de Boston.

Alors que Djokhar Tsarnaev est hospitalisé dans un état grave, les étudiants de l'université de Dartmouth (Massachusetts) se remémorent les derniers instants partagés avec l'auteur présumé du double attentat de Boston".

"C'est fou"

Au lendemain des attentats, Djokhar Tsarnaev est retourné sur le campus. Il a passé deux heures dans le gymnase mardi soir, entre 20 heures et 22 heures, écoutant de la musique sur son iPod.

Zach Bettencourt, étudiant de deuxième année comme lui, se souvient d'une conversation. Les jeunes gens ont discuté du double attentat qui a fait trois morts et 176 blessés. "C'est fou ce qui se passe", aurait déclaré Tsarnaev d'après son camarade. "C'est (les attentats) tellement facile à faire. Ces tragédies arrivent tout le temps en Afghanistan et en Irak."

Une conversation impossible à authentifier. Djokhar Tsarnaev, blessé à la gorge, à la langue et à une jambe, est hospitalisé dans un état grave et n'a pas encore d'avocat.

"Surréaliste"

Trois jours après les attentats, le FBI a diffusé jeudi les photographies de Djokhar Tsarnaev et de son frère aîné Tamerlan, âgé de 26 ans, accompagné d'un appel à témoins.

Quand les visages des deux hommes sont apparus sur l'écran de télévision de Pine Dale Hall, le dortoir de Tsarnaev, le groupe d'étudiants alors présent est stupéfait de la ressemblance avec leur camarade."On a tous pensé que ça lui ressemblait", raconte Zach Bettencourt, 20 ans. "On ne croyait pas que c'était lui."

A haute voix, les étudiants se demandent s'ils doivent descendre les escaliers pour aller frapper à la porte de la chambre de Tsarnaev. "Et s'il a une arme?" demande Bettencourt.

L'université ne dit pas si Djokhar Tsarnaev se trouvait encore jeudi sur le campus, situé à une centaine de kilomètres au sud de Boston, qui a été évacué par les forces de l'ordre.

"C'est choquant que quelqu'un comme lui ait fait partie de notre communauté", dit Colin Murphy, un étudiant de troisième année. "Le mot que j'ai le plus entendu est 'surréaliste'", résume un responsable du campus, qui accueille 9400 étudiants.

Jeune homme amical

Djokhar Tsarnaev y était connu comme un jeune homme amical, fumant de la drogue, venu d'un autre campus, l'UMass Boston, et effectuait un parcours scolaire moyen. Il aimait le football et avait décliné plusieurs invitations à rejoindre l'association des étudiants musulmans, selon son président, Ahmad Nassri. "J'essayais de l'intégrer dans le groupe. Il n'en avait pas vraiment envie. Je crois qu'il a assisté à une réunion. Il se définissait comme musulman mais si vous lui demandiez s'il était religieux, il répondait 'non'."