Bombay veut interdire les mannequins lingerie dans les magasins

La Ville de Bombay a annoncé vouloir retirer les mannequins de lingerie dans les vitrines des magasins, afin de lutter contre les crimes sexuels.

29 mai 2013, 16:05
La proposition de la municipalité de Bombay a déclenché l'hilarité et de nombreuses critiques.
La municipalité de Bombay s'est attiré mercredi les foudres de commentateurs et d'associations de femmes après qu'un de ses membres a annoncé vouloir retirer des vitrines de magasins les mannequins présentant de la lingerie. Les élus espèrent ainsi lutter contre les crimes sexuels.
 
"Je pense que les mannequins, en particulier les vêtements deux pièces (bikinis), ont un impact sur le taux de crimes contre les femmes dans l'Etat (du Maharahstra, dont Bombay est la capitale). Un tel affichage affecte l'état d'esprit des hommes", a assuré un membre de la municipalité de Bombay (BMC).
 
Cette proposition a été annoncée mardi à la chaîne de télévision NDTV et a aussitôt été tournée en ridicule. Elle doit encore être approuvée par le chef de cette administration.
 
Dans les vitrines des magasins ou sur les marchés, les mannequins portant des bikinis ou des sous-vêtements sont très fréquents à Bombay, la capitale financière de l'Inde qui abrite la dynamique industrie cinématographique de Bollywood.
 
Une militante pour les droits des femmes, Sharada Sathe, a qualifié cette proposition d'"aberrante": "les mannequins sont en exposition dans tant de pays. Penser (commettre un crime sexuel) est une chose qui se passe dans la tête et ne vient pas de l'extérieur", a-t-elle estimé.
 
La proposition du membre de la municipalité a déclenché l'hilarité et les critiques sur Twitter: "Je n'ai jamais été excité par un mannequin. Mais peut-être nos administrateurs de la BMC... ?", s'est ainsi moqué un ancien journaliste et homme politique, Pritish Nandy.
 
Le viol collectif d'une étudiante dans un autobus à New Delhi en décembre dernier, suivi de sa mort, a profondément choqué le pays. Il a déclenché un débat sur la façon dont les femmes étaient traitées dans ce pays encore largement dominé par les hommes.