Bloqués par les opposants à la loi travail, les dépôts de carburants ne peuvent plus approvisionner les stations-services

20 mai 2016, 18:53
Les protestations contre la loi Travail se font désormais ressentir dans les stations-services de l'Ouest de la France, après les manifestations dans les villes.

Les préfectures de plusieurs départements de l'Ouest ont annoncé vendredi des mesures de rationnement des carburants. Le blocage de raffineries et dépôts pétroliers par des salariés opposés à la loi travail est à la base de ces décisions.

Faute de pouvoir s'approvisionner, de nombreuses stations-service sont à sec depuis jeudi dans plusieurs localités et ont dû fermer.

Les préfectures de l'Eure et de l'Orne en Normandie, d'Ille-et-Vilaine, des Côtes-d'Armor et du Finistère en Bretagne, de Loire-Atlantique et de Vendée dans les Pays de la Loire ont pris des mesures limitant temporairement le volume de carburant pouvant être acheté par chaque client.

D'autres, dans le Calvados, la Seine-Maritime ou la Sarthe, ont interdit la vente de carburant dans des bidons.

La plupart des préfectures insistaient toutefois sur l'absence d'un risque de pénurie à court terme, évoquant un "ralentissement" plutôt qu'une rupture des approvisionnements, dû au blocage des dépôts.

Eventuel recours aux forces de l'ordre
"En France, il y a un système qui est organisé, on appelle ça les stocks stratégiques. Nous ne l'avons pas utilisé pour l'instant, donc il n'y a pas de risque de pénurie à court terme", a expliqué Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux Transports. "Evidemment, si ça durait des semaines, la question se poserait."

La question d'un recours aux forces de l'ordre pour débloquer des dépôts de carburant pourrait "naturellement" se poser en cas de "difficulté majeure" mettant en cause le fonctionnement de l'économie française, a-t-il aussi dit.

Il a admis que 20% des stations autour du Havre et de Rouen étaient fermées.

Par ailleurs, ses services ont annoncé dans l'après-midi que des arrêtés avaient été pris pour autoriser la circulation des camions ce week-end, afin de réapprovisionner les stations-service. Encore faut-il que ces camions puissent faire sortir du carburant des raffineries et des dépôts.

Appel à la grève
"L'objectif est l'arrêt de toutes les raffineries en France. C'est un appel à la grève illimitée", a déclaré le délégué central CGT de Total Raffinage Pétrochimie, Thierry Defresne. "Le but n'est pas de créer la pénurie, c'est d'obtenir le retrait de la loi (travail)", a-t-il ajouté.

Il a précisé que les salariés de la raffinerie Total de Normandie, à Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime) Normandie avaient voté à 56% l'arrêt complet des installations. Ceux de la raffinerie Total de Grandpuits, en Seine-et-Marne, ont voté la reconduction de la grève pour 72h00, a-t-il ajouté.