Berlusconi tente de calmer le jeu après des propos outrageants

Silvio Berlusconi s'est dit lundi "ami" du peuple allemand. L'ex-chef du gouvernement italien tente ainsi de se rattraper après avoir tenu des propos outrageants.
28 avr. 2014, 16:43
Lâché par les "rénovateurs", Silvio Berlusconi n'a pas pu éviter la scission au sein de son parti.

L'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi s'est déclaré lundi "ami" du peuple allemand. Il réagissait à la polémique déclenchée par ses propos affirmant que "pour les Allemands, les camps de concentration n'ont jamais existé".

"Il est absurde de m'attribuer des sentiments anti-allemands ou une présumée hostilité envers le peuple allemand dont je suis un ami", affirme M. Berlusconi dans un communiqué publié sur le site de son parti, Forza Italia.

L'ex-"Cavaliere" accuse "la gauche européenne" de s'être livrée à "une énième spéculation" en extrapolant à partir d'une phrase d'"un raisonnement" qu'il avait tenu sur le social-démocrate allemand Martin Schulz, candidat de la gauche à la présidence de la Commission européenne.

M. Berlusconi avait tenu les propos incriminés samedi lors d'un meeting de campagne pour les élections européennes. Il y rappelait une scène datant de 2003 où, contesté au Parlement européen, il avait conseillé à M. Schulz, à l'époque, député, de prendre le rôle du "kapo" (gardien en chef) dans les films sur les camps de concentration nazis.

"Je ne voulais pas l'insulter, mais ça avait fait scandale, parce que pour les Allemands, les camps de concentration n'ont jamais existé", a-t-il lancé.

Propos "écoeurants"

Ces déclarations ont suscité un tollé en Allemagne. Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, les a qualifiées lundi d'"absurdes". Jean-Claude Juncker, le chef de file des conservateurs pour les élections européennes, dans le même camp que M. Berlusconi, s'est dit "écoeuré" et lui a demandé de retirer ses propos.

"Il y a des choses dont on ne se moque pas. Pour tous ceux qui connaissent l'histoire européenne, cela est particulièrement vrai des atrocités commises durant l'Holocauste, qui ont fait des millions de victimes innocentes", a affirmé M. Juncker. "M. Berlusconi, on ne peut pas rire de l'Holocauste !".

Ce à quoi Silvio Berlusconi a répondu en estimant que M. Juncker "ne devrait pas tomber dans ce genre de piège de campagne électorale" et en lui rappelant "ce qui est déjà connu: je revendique mon rôle d'ami historique du peuple juif et de l'Etat d'Israël qui est et reste l'unique défense de la liberté et de la démocratie dans tout le Moyen-Orient".