Berlusconi refuse de laisser l'Italie s'enfoncer dans la crise

Silvio Berlusconi n'a pas l'intention de laisser l'Italie s'enfoncer dans la récession, a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé mercredi.
06 août 2015, 15:17
epa03449226 Former Italian premier Silvio Berlusconi talks to media during his press conference at 'Villa Gernetto' in Gerno di Lesmo,  Monza, 27 October 2012. Berlusconi confirmed that he is not going to run for Italian Premier. A court in Milan on 26 October sentenced former Italian premier Silvio Berlusconi to four years' imprisonment for tax evasion - but it was almost immediately cut to one year after judges said he won a three-year remit on his conviction thanks to a 2006 pardon law. The law was passed by parliament when Berlusconi's centre-left opponent, Romano Prodi, headed the Italian government. It was adopted to tackle massive overcrowding in Italy's prisons.  EPA/STEFANO PORTA  EPA/STEFANO PORTA

Silvio Berlusconi a laissé entendre qu'il briguera à nouveau la présidence du Conseil à l'occasion des législatives du printemps prochain.

"La situation est bien pire aujourd'hui qu'il y a un an, quand j'ai quitté le gouvernement de façon responsable et par amour pour mon pays", écrit-il dans ce communiqué publié à l'issue d'un long entretien avec les dirigeants du Parti de la liberté (PDL).
 
"Je ne peux pas laisser mon pays sombrer dans une spirale récessive sans fin. Il est impossible de continuer ainsi", poursuit l'ancien chef du gouvernement âgé de 76 ans, qui se dit "submergé" de demandes de la part de militants qui veulent le voir conduire le PDL aux législatives.
 
"Au bord du gouffre"
 
Le "Cavaliere" hésite depuis plusieurs mois à reprendre le flambeau de la droite italienne, mais ses propos, particulièrement durs à l'encontre de son successeur Mario Monti, tombent à un moment clé de la campagne.
 
Mis en cause dans une affaire de moeurs, Silvio Berlusconi a démissionné en novembre 2011 au plus fort de la crise économique. Le président Giorgio Napolitano a alors invité Mario Monti à former un gouvernement d'experts. Soutenue par la droite et la gauche, la nouvelle équipe a entamé une cure d'austérité drastique qui a aggravé la récession.
 
"L'Italie est aujourd'hui au bord du gouffre: l'économie est au plus mal, il y a un million de chômeurs supplémentaires, le pouvoir d'achat s'effondre, la pression fiscale atteint un niveau intolérable", s'indigne M. Berlusconi dans son communiqué.
 
Ses hésitations ont laissé la droite dans l'expectative au moment où la gauche se choisissait un chef de file pour les législatives qui doivent avoir lieu début mars. Ce rôle incombera à l'ancien communiste Pier Luigi Bersani, secrétaire du Parti démocrate, qui a remporté haut la main le second tour de la primaire, dimanche.
 
Alliance à droite
 
Par ailleurs, la Ligue du Nord et la Liste Travail Liberté (LLL), un nouveau parti de l'ex-ministre des Finances Giulio Tremonti, ont annoncé mercredi leur alliance en vue des législatives. Cet accord hypothèque encore plus les chances du PDL de revenir au pouvoir.
 
"Tout comme la Ligue du Nord, nous ne faisons pas confiance au gouvernement de Mario Monti", a déclaré M. Tremonti, qui a été quatre fois ministre dans des gouvernements Berlusconi entre 1994 et 2011, avant de quitter le PDL en septembre après des désaccords avec le "Cavaliere".
 
La LLL est rarement citée dans les sondages. Mais l'image respectable de l'ex-ministre des Finances devrait rassurer les électeurs gênés par les prises de position populistes de la Ligue du Nord, notamment sur l'immigration.