Barack Obama tape du poing après une nouvelle décapitation

Après l'assassinat du journaliste américain Steven Sotloff, Barack Obama a répété que les Etats-Unis combattront l'Etat islamique jusqu'à ce qu'il ne soit plus une force au Proche-Orient.

03 sept. 2014, 15:23
U.S. President Barack Obama gestures during his and Estonian President Toomas Hendrik Ilves's news conference at the Bank of Estonia in Tallinn, Estonia, Wednesday, Sept. 3, 2014. Wednesday's statement came as U.S. President Barack Obama arrived in Estonia in a show of solidarity with NATO allies who fear they could be the next target of Russia's aggression. (AP Photo/Mindaugas Kulbis)

Barack Obama a affirmé mercredi que les Etats-Unis ne se laisseraient pas "intimider" par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) qui ont décapité un deuxième journaliste américain. Le président américain a ordonné l'envoi de soldats supplémentaires en Irak alors que l'indignation prévalait dans les capitales occidentales.

Quelques heures après la diffusion de la vidéo de la décapitation du journaliste Steven Sotloff - qui selon les médias israéliens détient aussi la nationalité israélienne - mardi soir par le groupe de surveillance des sites jihadistes SITE, M. Obama a ordonné l'envoi de 350 soldats supplémentaires à Bagdad pour protéger le personnel et les locaux diplomatiques.

Outre le soutien aérien américain et les armes délivrées aux forces kurdes, les Etats-Unis ont envoyé au total 820 soldats et conseillers américains.

L'EI avait déjà exécuté le 19 août le journaliste américain James Foley. Il a mis à exécution ses menaces de tuer M. Sotloff en réponse au maintien du soutien aérien américain aux forces irakiennes et kurdes qui ont infligé des revers, quoique minimes, ces derniers jours aux jihadistes.

"Acte de violence horrible"

L'exécution du journaliste enlevé en 2013 en Syrie et la menace de l'EI de tuer un troisième otage, identifié comme le Britannique David Cawthorne Haines, a suscité l'indignation des Occidentaux et de l'ONU qui semblent incapables dans l'immédiat de faire cesser les atrocités commises par ce groupe en Irak et en Syrie.

Après avoir reconnu la semaine passée qu'il n'avait pas encore de stratégie pour combattre l'EI qualifié de "cancer", M. Obama a dénoncé mercredi "un acte de violence horrible", affirmant que son pays ne se laisserait pas "intimider".

Il a assuré en Estonie, à la veille du sommet de l'OTAN au pays des Galles, que l'objectif des Etats-Unis était que l'EI "ne soit plus une menace", mais il a dit que cela prendrait du temps et ne pouvait se faire qu'en lien étroit avec des partenaires dans la région.

La Maison Blanche a indiqué que M. Obama consulterait les alliés de l'OTAN pour "développer une coalition internationale et dessiner une stratégie", et annoncé que Washington continuerait à appuyer l'Irak face à l'EI.

Réunion de crise en Grande-Bretagne

De son côté, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a promis que les Etats-Unis puniront les meurtriers des deux journalistes. Il a qualifié l'exécution de M. Sotloff de "coup de poing à l'estomac" et de "sauvagerie médiévale".

De son côté, le premier ministre britannique David Cameron a qualifié la nouvelle vidéo d'"absolument écoeurante et ignoble". Il devait réunir le comité d'urgence du gouvernement.

Mêmes condamnations du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et du président français François Hollande qui a parlé d'un "acte barbare". Le président du Conseil italien Matteo Renzi a lui souhaité que l'OTAN s'implique.

Poursuite des combats

Par ailleurs, sur le terrain et le front irakien, l'armée ainsi que les milices chiites et les combattants kurdes poursuivaient leurs opérations contre l'EI au nord de Bagdad, qu'ils ont chassé ces derniers jours de plusieurs localités et de portions d'une autoroute stratégique, avec le soutien aérien américain.