Avec la disparition du jaguar, les herbivores menacent les forêts brésiliennes

Il ne reste que 250 jaguars adultes dans la forêt tropicale atlantique du Brésil. Conséquence: le nombre d'herbivores explose et menace directement la biodiversité de ce joyau planétaire.

28 janv. 2014, 08:13
Un carnivore qui disparaît et c'est tout l'équilibre de la forêt primitive brésilienne qui est menacé...

Le jaguar est en voie de disparition dans la forêt tropicale atlantique, ce qui met en danger cette forêt primitive brésilienne, avertissent les scientifiques. Il ne doit y rester que 250 de ces félins adultes, soit "une chute de 80% au cours des quinze dernières années."

L'étude, menée par le Centre brésilien de recherche et conservation des mammifères carnivores (CENAP) et diffusée lundi, montre que le plus inquiétant est qu'à peine 20% des jaguars restants, soit une cinquantaine, sont en âge de maturité sexuelle.

Comme la Panthera onca est au sommet de la chaîne alimentaire, c'est tout ce corridor de biodiversité de 7,4 millions d'hectares sur la côte Atlantique qui est menacé, souligne Ronaldo Morato, le chef du CENAP cité par le quotidien "Folha" de São Paulo.

Chasse et abattage

Il explique que le félin est prédateur d'herbivores comme le cerf ou le cabiai (ou capybara) et que sa raréfaction pourrait entraîner un grand déséquilibre environnemental et "la fin prochaine de la forêt atlantique".

Parmi les causes principales de cette réduction spectaculaire du nombre de jaguars, figurent la chasse et l'abattage. Les agriculteurs n'hésitent pas à tuer un jaguar qui leur a mangé une vache, selon le biologiste Pedro Galetti à "Folha".

Le CENAP entamera la semaine prochaine de nouvelles recherches pour recueillir des informations sur les mammifères restants. Il utilisera des images satellites pour identifier quelles zones de la "Mata Atlantica" sont effectivement fréquentées par les jaguars afin de mieux protéger leur habitat.

La forêt atlantique est l'écosystème le plus dévasté du Brésil. Elle recouvrait jadis 15% de tout le territoire brésilien. Aujourd'hui, elle a déjà disparu à près de 93%. Il n'en reste que 28'600 km2, la majeure partie dans des réserves forestières, selon la Fondation SOS Mata Atlantica. Cet écosystème a été déclaré patrimoine naturel par l'UNESCO en 1999.