Attentats de Paris: le logeur des djihadistes a été relaxé par la justice

Le logeur des auteurs des attentats de Paris du 13 novembre 2015 est libre. La justice a estimé que rien ne prouvait que Jawad Bendaoud avait hébergé les djihadistes en connaissant leur profil.

14 févr. 2018, 17:42
/ Màj. le 14 févr. 2018 à 19:12
Ce dernier avait procuré un logement à l'organisateur présumé des attentats du 13 novembre 2015, après cette tuerie qui a fait 130 morts et plus de 400 blessés.

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé mercredi Jawad Bendaoud. Ce dernier avait procuré un logement à l'organisateur présumé des attentats du 13 novembre 2015, Abelhamid Abaaoud, après cette tuerie qui a fait 130 morts et plus de 400 blessés.

 

Le ministère public avait requis quatre ans de prison contre ce délinquant multirécidiviste jugé pour recel de terroristes.

La présidente du tribunal a considéré qu'il n'avait été prouvé ni dans le dossier d'instruction ni à l'audience que Bendaoud avait hébergé Abaaoud et son complice en sachant qu'ils étaient des terroristes du 13 novembre.

Jawad Bendaoud avait mis à disposition d'Abdelhamid Abaaoud et de son complice, Chakib Akrouh, un squat où ils s'étaient repliés à Saint-Denis. Ils étaient arrivés le 17 novembre au soir dans l'appartement où ils sont morts tôt le lendemain dans l'assaut des policiers.

Le verdict de mercredi conclut un procès retentissant, avec quelque 700 parties civiles, plus de 100 avocats. Mais l'accusation a aussitôt annoncé qu'elle ferait appel de la relaxe de Jawad Bendaoud et des condamnations contre les deux autres prévenus.

 

 

Coprévenus condamnés à 5 et 4 ans

Mohamed Soumah, son coprévenu, a été condamné à cinq ans avec maintien en détention. Le tribunal a également été sévère pour le troisième homme, le seul comparaissant libre mais considéré par le représentant du ministère public comme ayant "le profil le plus inquiétant" des trois prévenus.

Youssef Aït-Boulahcen, un ambulancier de 25 ans et cousin d'Abdelhamid Abaaoud, a été condamné à quatre ans de prison, dont un avec sursis, sans mandat de dépôt, pour non-dénonciation d'acte terroriste.

Des documents salafistes, djihadistes ou antisémites et un montage comportant une photo d'Abaaoud ont été retrouvés dans ses téléphones portables et son ordinateur. Le ministère public lui a aussi reproché de n'avoir jamais signalé la radicalisation de sa soeur, Hasna Aït-Boulahcen.