Attentats de Paris: des médias officiellement critiqués pour des "manquements graves"

Le CSA a épinglé treize médias français pour des "manquements graves" dans leur couverture des attentats de janvier à Paris. Par exemple, la diffusion de certaines infos ou images "auraient pu avoir des conséquences dramatiques pour les otages".

12 févr. 2015, 18:35
Certaines infos diffusées "auraient pu avoir des conséquences dramatiques pour les otages".

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) français a adressé jeudi 21 "mises en demeure" à des télévisions et radios. Elles ont été ciblées pour des "manquements graves" dans leur couverture des attentats de janvier à Paris.

Une mise en demeure du CSA n'a qu'une valeur d'avertissement et n'entraîne pas de sanction, sauf récidive.

Le gendarme de l'audiovisuel a relevé par exemple que 13 médias "ont annoncé en direct que des affrontements avaient éclaté entre les forces de l'ordre et les terroristes à Dammartin-en-Goële", petite ville du nord de la France où s'étaient retranchés les frères Kouachi, auteurs de la tuerie de "Charlie Hebdo" (12 tués).

Cet élément "aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour les otages" retenus au même moment par le djihadiste Amédy Coulibaly dans un supermarché casher de l'est de Paris, souligne le CSA.

Près de 40 éléments ciblés

Les 13 médias concernés sont les chaînes de télévision BFMTV, Euronews, France 2, France 24, i-TELE, LCI, TF1 ainsi que les radios Europe 1, France Info, France Inter, RFI, RMC, RTL.

Les chaînes France 5, Canal + et France 3 ont fait l'objet de "mises en garde", un avertissement moins sévère.

Au total, le Conseil a relevé "36 manquements dont 15 ont donné lieu à mise en garde et 21, plus graves, ont justifié des mises en demeure", souligne également le CSA dans un communiqué.

Critique récemment par des policiers

Ces manquements vont de "la diffusion d'images issues de la vidéo montrant (un) policier abattu par les terroristes" le 7 janvier lors de l'attaque contre Charlie à "la diffusion d'images ou d'informations concernant le déroulement des opérations en cours".

Le CSA avait décidé à la mi-janvier de se pencher sur la façon dont les télévisions et les radios avaient couvert l'attentat contre "Charlie Hebdo" et les deux prises d'otages qui avaient suivi, alors que des enquêteurs s'étaient plaints de certains dérapages.

Les mises en demeure du CSA aux médias ne sont pas rares. Le Conseil en a émis 45 en 2014.