Attaque au gaz toxique en Syrie: des autopsies confirment le recours à des armes chimiques

Les 86 personnes qui ont été tuées dans un raid mardi ont bien été victimes d'armes chimiques. Des autopsies effectuées en Turquie ont révélé tous les symptômes d'une telle attaque. La nature des substances n'a pas encore été formellement identifiée.

06 avr. 2017, 12:18
La nature des substances chimiques n'a pas été formellement identifiée.

Des autopsies en Turquie de victimes de l'attaque mardi en Syrie confirment un recours à des armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad, a affirmé jeudi le ministre turc de la Justice, cité par l'agence de presse progouvernementale Anadolu. Au moins 86 personnes ont été tuées lors d'un raid mené mardi.

"Des autopsies ont été réalisées à Adana (sud de la Turquie) sur trois corps ramenés d'Idleb. Ces autopsies ont établi que des armes chimiques avaient été utilisées", a affirmé Bekir Bozdag, selon Anadolu. Les médecins ont relevé tous les symptômes d'une attaque chimique: pupilles dilatées, convulsions, mousse sortant de la bouche.

 

Selon M. Bozdag, les trois corps ont été autopsiés à Adana avec la "participation" de médecins légistes turcs et de représentants de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Les examens ont duré près de trois heures, selon Anadolu. Ils ont été enregistrés par des caméras, et des échantillons ont été récoltés par les autorités turques et la délégation de l'OMS.

Substance pas formellement identifiée

La nature des substances chimiques n'a pas été formellement identifiée. Mais l'OMS a précisé que certaines victimes présentaient des symptômes évoquant une exposition à une catégorie de produits chimiques "comprenant des agents neurotoxiques".

"Cet examen scientifique établit également que (Bachar al-)Assad a utilisé des armes chimiques", a ajouté le ministre turc. Il n'a pas précisé sur quels éléments reposait cette accusation.

Au moins 86 personnes, dont 30 enfants, ont été tuées lors d'un raid mené mardi sur Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d'Idleb (nord-ouest de la Syrie). Des dizaines de personnes blessées pendant cette attaque chimique présumée sont actuellement soignées en Turquie, frontalière de la Syrie.