Assad ne pourra jouer "aucun rôle" dans la future Syrie

Le président syrien Bachar al-Assad n'aura aucun rôle à tenir dans le futur de la Syrie, ont déclaré les Amis de la Syrie.

23 mai 2013, 07:27
German Foreign Minister, Guido Westerwelle, first left, and Italy's Foreign Minister Emma Bonino, second left, listen to the speakers during the meeting of the friends of Syria conference, in Amman, Jordan, Wednesday, May 22, 2013.  (AP Photo/Mohammad Hannon)

Réunis à Amman,  les Amis de la Syrie ont promis d'intensifier leur soutien à l'opposition rebelle jusqu'à la formation d'un gouvernement de transition dans lequel l'actuel président Bachar al-Assad n'aurait aucun rôle.

A l'issue des cinq heures de discussion de cette réunion, les onze pays participants dont les Etats-Unis ont convenu dans une déclaration commune que "Bachar al-Assad, son régime et ses proches qui ont du sang sur les mains ne pourront tenir aucun rôle dans le futur en Syrie".
 
Juste avant l'ouverture de la réunion des Amis de la Syrie, groupe qui rassemble les pays soutenant l'opposition, le secrétaire d'État américain John Kerry a appelé le président Assad à prendre un "engagement en faveur de la paix".
 
"Dans l'éventualité (...) où le régime Assad ne veut pas négocier de bonne foi (...), nous évoquerons également notre soutien incessant et croissant aux opposants", a averti M. Kerry, lors d'une conférence de presse.
 
De leur côté, le Qatar, soutien majeur de l'opposition syrienne, et la Grande-Bretagne, ont réclamé le départ de M. Assad.
 
Le ministre qatari Hamad ben Jassem s'est montré particulièrement virulent à l'égard du président syrien. "Bachar al-Assad continue de tuer son peuple avec de l'aide extérieure et utilise des armes interdites", a-t-il dit à l'ouverture la réunion. "La Syrie est totalement détruite, tout ça pour que le régime reste en place", a-t-il ajouté.
 
Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a lié tout règlement en Syrie à un départ du président Assad, que ce dernier a de nouveau exclu récemment, alors qu'il s'agit d'une condition sine qua non pour l'opposition.
 
Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a pour sa part rappelé qu'en vertu du texte de Genève 1, accord signé en 2012, le président Assad devra remettre ses pouvoirs en cas de formation d'un gouvernement transitoire.
 
Conférence de "Genève 2"
 
Outre l'opposition, sont réunis à Amman les chefs de la diplomatie de la Jordanie, de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l'Égypte, du Qatar, des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Turquie, de l'Allemagne et de l'Italie.
 
Au centre des discussions figure la conférence internationale dite de "Genève 2", prévue en juin et initiée par les États-Unis et la Russie, qui soutiennent des camps différents, pour tenter de mettre fin à une guerre civile qui a fait plus de 94'000 morts en plus de deux ans.
 
Une première réunion à Genève en juin 2012 avait débouché sur un texte prévoyant un processus de transition politique, mais sans se prononcer sur le sort de M. Assad.
 
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a salué la réaction "constructive" du régime de Damas à l'organisation de la conférence "Genève 2" en recevant à Moscou le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad.
 
L'opposition, minée par les divisions, doit se réunir jeudi à Istanbul pour élire un nouveau chef et décider de sa participation à la conférence internationale.
 
Soldats tués
 
La réunion des Amis de la Syrie sera aussi l'occasion de discuter des moyens d'aider les rebelles qui subissent un assaut d'envergure de l'armée dans l'ouest du pays.
 
Le chef de l'opposition syrienne George Sabra a appelé l'ensemble de la rébellion à aller défendre Qousseir, une ville stratégique tenue par les insurgés, face à l'assaut lancé dimanche par l'armée régulière, épaulée par le mouvement chiite libanais Hezbollah.
 
Actuellement, l'armée, forte de son aviation, de ses supplétifs et des troupes d'élite du Hezbollah, garde le dessus face aux rebelles faiblement équipés. Les pays occidentaux refusent d'armer les rebelles, de crainte que l'arsenal ne tombe entre les mains d'extrémistes.
 
Sur un autre front, 40 soldats et combattants pro-régime ont été tués dans des combats avec les rebelles qui ont conquis un camp de l'armée dans la province d'Idleb (nord-ouest), selon une ONG.