Arrêtée pour avoir publié un selfie dans lequel elle piétine le coran en talons hauts

Pour avoir publié une photo d'elle piétinant le coran en talons hauts, une femme a été interpellée sur la dénonciation du maire d'Ankara. Selon l'agence turque Dogan, elle a été relâchée.

23 oct. 2014, 07:44
Une Turque a été interpellée sur dénonciation du maire d'Ankara pour avoir publié sur Twitter une photographie d'elle piétinant le coran avec des chaussures à talons hauts.

Une Turque a été interpellée sur dénonciation du maire d'Ankara pour avoir publié sur Twitter une photographie d'elle piétinant le coran avec des chaussures à talons hauts, a rapporté mercredi la presse turque. Selon l'agence de presse Dogan, elle a été remise en liberté.

Agée de 38 ans, la femme identifiée sur les réseaux sociaux sous le nom de @kedibiti (pou de chat) se décrit elle-même comme une "athée qui ne respecte que les êtres humains". Elle a publié sur son compte un cliché montrant un pied chaussé d'escarpins de couleur rouge vif posé sur un coran ouvert, a précisé l'agence de presse Dogan.

Connu pour ses coups de sang, le maire d'Ankara Melih Gökçek, membre du parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, a vivement réagi en portant plainte contre l'auteure du message, jugé blasphématoire et susceptible de troubler l'ordre public.

Dans le monde musulman, jeter une chaussure à quelqu'un ou simplement lui montrer sa semelle est considéré comme une des pires insultes.

Ordinateur et téléphone saisis

"J'avais prévenu cette utilisatrice appelée @kedibiti, qui a marché sur notre livre sacré, que je la poursuivrai et que je la ferai arrêter", a écrit M. Gökçek sur son compte Twitter.

"L'heure de la justice a sonné. Personne n'a le droit d'insulter notre religion. Nous ne le permettrons jamais", a poursuivi le maire d'Ankara, confirmant que cette femme avait été interpellée et son ordinateur et son téléphone saisis par la police.

Maire d'Ankara depuis 1994, Melih Gökçek est un spécialiste des déclarations à l'emporte-pièce et des polémiques sur Twitter.

Lors de la fronde antigouvernementale de 2013, il s'en était pris à une journaliste turque de la BBC jugée un peu trop critique en l'accusant de "trahir sa nation".