Après les menaces de Trump, la Corée du Nord prête à riposter par la bombe nucléaire

Le déploiement de forces américaines dans la péninsule coréenne et un tweet menaçant de Donald Trump ont mis le feu aux poudres. Le leader nord-coréen Kim Jong-Un a promis de riposter par le nucléaire à toute attaque nucléaire. La Chine tape aussi du poing sur la table contre l'ingérence américaine. La Russie, inquiète, appelle toutes les parties à la retenue.

15 avr. 2017, 08:40
/ Màj. le 15 avr. 2017 à 18:13
Il s'agit pour Kim Jong-Un d'adresser un message sans équivoque aux Etats-Unis, à la Corée du Sud et au Japon sur sa puissance militaire.

La Corée du Nord a menacé samedi de par le feu nucléaire à toute attaque atomique américaine. Elle a déployé ce qui semble être de nouveaux missiles de longue portée et des missiles mer-sol tirés à partir de sous-marins, au moment où un porte-avions américain fait route vers la péninsule coréenne.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a présidé un défilé militaire géant destiné à montrer sa force à l'occasion du 105e anniversaire de la naissance de son grand-père Kim Il-sung, fondateur du régime nord-coréen. Il est apparu détendu dans un costume sombre, riant avec ses conseillers.

S'exprimant avant cette parade, le numéro deux du régime, Choe Ryong-Hae, a promis que son pays était "prêt à répondre à une guerre totale par une guerre totale". "Nous sommes prêts à répliquer à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire à notre façon", a-t-il ajouté.

 

 

Démonstration de force

Dans une déclaration diffusée vendredi par l'agence de presse officielle KCNA, l'armée nord-coréenne avait assuré que les bases américaines en Corée du Sud, "tout comme les quartiers généraux du Mal", tels que la présidence sud-coréenne à Séoul, seraient "pulvérisés en quelques minutes" en cas de guerre.

Une action militaire américaine contre la Corée du Nord, qui a continué ses essais nucléaires et ses tirs de missiles au mépris des sanctions internationales, apparaît plus plausible depuis le bombardement par l'armée américaine en fin de semaine dernière d'une base aérienne syrienne en réponse à une attaque chimique contre un village, dont Washington estime Damas responsable.

Samedi, la place Kim Il-sung, la place principale de Pyongyang, était remplie de milliers de soldats marchant au pas de l'oie et de fanfares. Un défilé de chars a suivi, précédant la présentation de 56 missiles de dix types différents montés sur des semi-remorques.

Pour Pyongyang, il s'agit d'adresser "un message sans équivoque aux Etats-Unis après les propos de l'administration Trump et ses initiatives militaires", juge Evans Revere du centre de recherches Brookings Institution à Washington.

 

 

Nouveaux tirs attendus

Selon plusieurs observateurs, la Corée du Nord pourrait procéder prochainement à un nouveau tir de missile balistique, voire même à son sixième essai nucléaire, en dépit des interdits de la communauté internationale.

Selon des spécialistes militaires, certains des missiles présentés samedi semblaient plus longs que les engins nord-coréens existant, KN-08 ou KN-14. Il pourrait s'agir de nouveaux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), a indiqué Chad O'Carroll, du média NK News spécialisé sur la Corée du Nord.

Des missiles balistiques stratégiques mer-sol Pukuksong ont également été montrés lors du défilé. C'était la première fois que la Corée du Nord montrait ces missiles, qui ont une porté de plus de 1000 km, à un défilé militaire.

Le fait d'exhiber ces missiles indique que la Corée du Nord s'estime proche de parvenir à son objectif de déployer des missiles à bord de sous-marins, ce qui les rend difficiles à détecter, estime Joshua Pollack, de la revue Non-prolifération basée à Washington.

 

 

Inquiétudes chinoises

La Chine a estimé vendredi qu'un "conflit pouvait éclater à tout moment": quiconque en sera à l'origine "devra assumer une responsabilité historique et en payer le prix", a martelé son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, répétant que "le dialogue est la seule issue".

Pékin souhaite coopérer avec Moscou pour "contribuer à apaiser au plus vite la situation" sur ce dossier, a-t-il ajouté. "Très inquiète", la Russie a de son côté appelé toutes les parties à la "retenue" et mis en garde contre "toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation".

Les Etats-Unis ont fait savoir que leur politique de "patience stratégique" était terminée. Le vice-président Mike Pence est attendu en Corée du Sud dimanche dans le cadre d'une tournée de dix jours en Asie prévue de longue date.