Amman frappe des positions de l'EI après la mort de son pilote

Des positions du groupe Etat islamique ont été frappées jeudi par l'armée de l'air jordanienne, qui ne donne pas de précision quant à l'endroit exact des tirs.

05 févr. 2015, 16:34
FILE In this Oct. 6, 2014 file photo,  shot with an extreme telephoto lens and through haze from the outskirts of Suruc at the Turkey-Syria border, militants with the Islamic State group are seen after placing their group's flag on a hilltop at the eastern side of the town of Kobani, Syria. After two months, the U.S.-led aerial campaign in Iraq has so far hardly dented the core of the Islamic State group?s territory. The extremists? grip on major cities across Iraq and neighboring Syria remains unquestioned. The campaign has brought some gains, with Kurdish fighters taking back towns on the fringes of the Islamic State group?s territory. But those successes only underline a major weakness: Besides the Iraqi Kurds, there are no forces on the ground ready to capitalize on the airstrikes. (AP Photo/Lefteris Pitarakis)

La Jordanie a annoncé jeudi avoir frappé des positions du groupe Etat islamique après avoir promis de riposter sévèrement à l'exécution d'un de ses pilotes brûlé vif par l'EI. Le roi Abdallah II s'est rendu dans la journée chez la famille du pilote.

"L'armée de l'air jordanienne a lancé des raids contre des positions du groupe Etat islamique", a déclaré un responsable gouvernemental sans préciser l'endroit exact des frappes.

La Jordanie, qui fait partie de la coalition internationale antidjihadistes dirigée par les Etats-Unis, mène habituellement des raids en Syrie où s'était écrasé en décembre l'avion du pilote Maaz al-Kassasbeh avant qu'il ne soit capturé par l'EI.

Hommage sous une tente

Accompagné du premier ministre Abdallah Nsour, Abdallah II s'est rendu jeudi après-midi chez la famille du pilote à Karak, à 120 km d'Amman, où une immense tente avait été dressée pour recevoir les condoléances. Des avions de l'armée de l'air ont survolé la tente en signe d'hommage au pilote alors que des centaines de personnes étaient rassemblées dans et autour de la tente.

Intervention terrestre?

Avant son départ précipité mardi de Washington, Abdallah II et le président Barack Obama avaient souligné leur "détermination à briser l'EI", un groupe responsable d'atrocités et accusé par l'ONU de crimes contre l'Humanité. "Les pays dans et hors de la coalition doivent oeuvrer pour détruire cette bande de terroristes inhumains", a indiqué pour sa part Safi al-Kassasbeh, le père du pilote.

Pour des analystes, l'atrocité de l'exécution du pilote a poussé l'ensemble des Jordaniens à se ranger derrière leur gouvernement, donnant une "légitimité populaire" à la participation du royaume à la guerre antijihadistes. La Jordanie, a affirmé l'expert Hassan Abou Haniyeh, "pourrait même envisager une intervention terrestre".