Allemagne: tollé après l’élection à l’unanimité d’un néonazi dans une bourgade

L’élection d’un membre du parti national-démocrate (NPD) ultranationaliste et néonazi, avec le soutien d’élus locaux, en tant que chef du conseil municipal d’une petite ville de l’ouest de l’Allemagne a suscité de nombreux émois aux niveaux fédéral et régional. Les élus locaux sont appelés à «reconsidérer leur mauvaise décision».

08 sept. 2019, 19:13
Les responsables régionaux de la CDU et du SPD ont condamné cette élection. "L'élection d'un membre d'un parti qui, selon la Cour constitutionnelle fédérale, poursuit des objectifs anticonstitutionnels est incompréhensible et intolérable pour la CDU" (image d'illustration).

L’élection d’un membre d’un parti néonazi à la tête de l’assemblée d’une bourgade de l’ouest de l’Allemagne, avec le soutien unanime d’élus locaux conservateurs et sociaux-démocrates, a provoqué un tollé parmi les partis politiques allemands. Ils appellent à une annulation de cette décision.

Stefan Jagsch, un adhérent du Parti national-démocrate (NPD), ultranationaliste, a été élu jeudi chef du conseil municipal de Waldsiedlung, une commune de 2500 habitants du district d’Altenstadt, à 30 kilomètres au nord-est de Francfort.

Il a bénéficié du soutien de membres locaux de la CDU, le parti de la chancelière d’Angela Merkel, mais aussi d’élus du SPD (sociaux-démocrates) et du FDP (libéraux). Cette élection a suscité des remous aux niveaux fédéral et régional. Beaucoup s’interrogent sur les raisons pour lesquelles il n’y avait pas de «candidat démocratique» pour faire barrage à Stefan Jagsch, comme l’a souligné le chef du groupe parlementaire du FDP, Marco Buschmann.

«Combler le vide»

De nombreuses questions se posent aussi sur ce vote unanime en faveur de cet homme de la part de personnalités aux sensibilités si diverses. Stefan Jagsch a été élu car il n’y avait pas d’autre candidat, le candidat du NPD n’a fait que «combler le vide, s’est désolé Markus Brando, le président du SPD pour Altenstadt, dans des déclarations faites au journal local Merkur.

«La position du SPD est claire: nous ne coopérons pas avec des Nazis! Jamais», a réagi dans un tweet samedi le secrétaire général de ce parti Lars Klingbeil. «Cela s’applique au gouvernement fédéral, à l’Etat et aux municipalités». «La décision à Altenstadt est incompréhensible et ne peut être justifiée. Il faut revenir dessus immédiatement. #NoNPD», a-t-il tweeté.