Allemagne: les ratés d'une enquête sur des crimes racistes dénoncés

L'enquête de plus de dix ans sur une série de meurtres racistes imputés à des néo-nazis est vivement critiquée dans un rapport présenté jeudi par une commission d'enquête parlementaire en Allemagne.

22 août 2013, 15:36
Le procès de Beate Zschäpe, militante néonazie du groupuscule NSU, s'est ouvert lundi matin à Munich. Elle est la seule survivante de cette cellule qui a assassiné dix personnes en Allemagne, dont huit Turcs, entre 2000 et 2007.

Une commission d'enquête parlementaire allemande dénonce "l'échec massif des autorités" dans l'enquête de plus de dix ans sur une série de meurtres racistes aujourd'hui imputés à des néo-nazis. Ces critiques figurent dans un rapport présenté jeudi.

Le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a souligné que ce rapport était "un signal important pour rétablir la confiance du monde" envers l'Allemagne, que ce travail bâclé a contraint à présenter des excuses officielles auprès de l'ONU.

Les députés ont toutefois souligné ne pas avoir établi de collusion éventuelle entre la police et l'extrême-droite, ou de participation d'une quelconque autorité à l'un des crimes, selon des extraits publiés par la presse.

Entre 2000 et 2006, neuf personnes, dont huit turques ou d'origine turque et un Grec, ont été tuées par balle, ainsi qu'une policière en 2007.

Unique survivante

Un trio de néo-nazis baptisé Clandestinité national-socialiste (NSU) est accusé d'en être responsable, ainsi que de plusieurs attentats contre des communautés étrangères qui ont fait de nombreux blessés. Deux des membres du trio se sont donné la mort en novembre 2011, et l'unique survivante, Beate Zschäpe, est jugée à Munich (sud) depuis mai.

"Nous en venons clairement à la conclusion que nous avons affaire à un échec massif des autorités", a souligné jeudi le président de cette commission, le député social-démocrate Sebastian Edathy, peu avant la remise officielle de son rapport au président du Bundestag, Norbert Lammert.

Sur la radio publique régionale NDR, il a notamment expliqué que la police et le renseignement intérieur avaient "grandement sous-estimé la dangerosité de la mouvance extrémiste de droite violente en Allemagne".