Aide humanitaire: fournir des soins n'a jamais été aussi dangereux

L'an dernier, le personnel de santé du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été victime de plus de 1800 incidents violents. Très difficile dans ces conditions d'apporter des soins de santé dans les zones de conflit.
04 avr. 2014, 15:03
Des inconnus armés ont lancé un assaut sur un bâtiment qui appartient au CICR à Jalalabad, en Afghanistan le 29 mai 2013.

Fournir des soins de santé dans les zones de conflit n'a jamais été aussi dangereux, a affirmé vendredi le CICR. L'an dernier, le personnel de santé a été victime de plus de 1800 incidents violents, selon une étude réalisée par l'institution.

A l'occasion de la Journée mondiale de la santé, lundi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publie un rapport sur la violence qui touche les soins de santé, sur la base de nombreux cas recensés. Leur nombre n'a jamais été aussi élevé que ces deux dernières années, affirme le document.

Le rapport repose sur des informations recueillies en 2012 et en 2013 sur 1809 incidents survenus dans 23 pays. Des actes de violence ont été perpétrés à l'encontre des patients, des personnels de santé, des ambulances ou des structures médicales.

"C'est la première fois qu'un rapport de cette nature s’appuie sur un si grand nombre d'incidents", a commenté Pierre Gentile, responsable du projet du CICR. "Les soins de santé en danger".

"Cela montre nettement que la situation ne connaît pas d’amélioration: les structures de santé sont encore trop souvent prises pour cibles et les patients maltraités voire tués", a-t-il affirmé.

Hôpitaux ciblés, bombardés

Les attaques dirigées contre les structures médicales ou qui ont lieu en leur sein représentent 40% de l'ensemble des incidents ayant été confirmés. Dans de nombreux cas, des hôpitaux et des centres de santé ont été bombardés, ciblés par des tirs ou pillés, ce qui a souvent causé des dégâts considérables.

Dans certaines situations, les personnels de santé ont été contraints d'enfreindre la déontologie médicale et, par exemple, de ne pas administrer leur traitement médical aux patients de la partie adverse. Dans d'autres cas, ils ont été la cible d'attaques directes, notamment des assassinats, des enlèvements et des menaces.

"Nous avons été menacés par des hommes armés qui voulaient monter dans notre voiture et nous forcer à les conduire quelque part", raconte dans le rapport Liana Kakesa, coordonnatrice médicale adjointe du CICR à Bangui (République centrafricaine). "Quand nous avons essayé de leur expliquer notre travail, ils se sont mis en colère et ont brandi des machettes et des fusils", a-t-elle dit.

Les menaces que subissent les personnels de santé, qui peuvent priver des communautés entières de l’accès aux soins, ont des conséquences au moins aussi graves que le recours direct à la violence.