Afrique: le manque de vaccins contre la méningite pourrait avoir de graves conséquences

L'Organisation mondiale de la santé a fait part mardi de son inquiétude concernant le manque de vaccins contre la méningite en Afrique. L'entité onusienne craint que cette pénurie n'entraîne une importante progression de la maladie.

28 juil. 2015, 13:12
Depuis le début de l'année, 800 cas mortels ont été recensés au Nigeria et au Niger.

Le manque de vaccins risque de provoquer une grave flambée de méningite en Afrique, a averti mardi à Genève l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Deux pays, le Nigeria et le Niger, connaissent une recrudescence alarmante des cas.

Depuis le début de l'année, 12'000 cas de méningite C, dont 800 mortels, ont été recensés dans ces deux pays, a précisé l'agence de l'ONU. Cette épidémie risque de remettre en cause les progrès enregistrés ces dernières années.

La flambée actuelle est le résultat d'une réapparition de la méningite C, alors que la méningite A a été combattue avec succès depuis 2010 grâce à un nouveau vaccin, a dit le Dr William Perea, coordonnateur de la lutte contre les maladies épidémiques à l'OMS.

Les vaccins contre la méningite C fabriqués "au compte-gouttes" principalement par GFK et Sanofi-Pasteur ne suffisent pas à une vaccination préventive, limitée aux enfants de deux à 15 ans, alors que la moitié des cas se révèlent après cet âge, a précisé le spécialiste.

Appel de quatre organisations

Quatre organisations, l'OMS, l'UNICEF, la Fédération internationale de la Croix-Rouge et Médecins sans frontières (MSF) lancent un appel aux fabricants pour qu'ils augmentent leurs capacités de cinq millions de doses d'ici janvier 2016.

"La méningite frappe l'Afrique selon des cycles de quatre à cinq ans. Des cas de méningite C sont apparus en 2013, pour la première fois au Nigeria, puis cette année aussi au Niger. Nous devons être prêts pour affronter un grand nombre de cas lors de la saison 2016", a affirmé le Dr Perea.

D'autres fabricants de vaccins à Cuba et au Brésil ont été contactés, mais ils n'ont pas encore fait les démarches d'homologation nécessaires.

"Les campagnes de vaccination ont dû être réduites aux groupes les plus vulnérables et dans les zones à risque. Même ainsi, il a fallu attendre que des vaccins soient disponibles. Nous redoutons que la situation empire l'année prochaine", a affirmé le Dr Myriam Henkens, coordonnatrice médicale à MSF.