Afrique du Sud: la santé mentale d'Oscar Pistorius sur la sellette

Mardi à Pretria, un témoin de la défense psychiatre a estimé que l'anxiété d'Oscar Pistorius a exacerbé sa peur de la criminalité. L'accusé risque donc d'être envoyé dans un hôpital psychiatrique afin d'établir s'il souffre d'un "trouble d'anxiété généralisé".

13 mai 2014, 17:59
Oscar Pistorius, top right, is greeted by a supporter on his arrival in court for his ongoing murder trial in Pretoria, South Africa, Tuesday, May 13, 2014. Pistorius is charged with the shooting death of his girlfriend Reeva Steenkamp on Valentine's Day in 2013. (AP Photo/Daniel Born, Pool)

La santé mentale d'Oscar Pistorius était au centre des débats au procès de l'athlète, mardi à Pretoria. L'accusé risque d'être envoyé dans un hôpital psychiatrique afin d'établir s'il souffre, comme l'affirme un témoin de la défense, d'un "trouble d'anxiété généralisé".

La psychiatre Meryll Vorster s'est exprimée mardi devant le tribunal qui juge le champion paralympique sud-africain pour le meurtre de sa petite amie. Elle estime que l'anxiété d'Oscar Pistorius a exacerbé sa peur de la criminalité.

Depuis le début du procès le 3 mars, la défense s'est appliquée à décrire un accusé ayant eu une enfance difficile, par ailleurs obsédé par sa sécuritéa alors que les taux de criminalité sont effrayants dans le pays.

La défense veut montrer que cela a joué dans la réaction de Pistorius, quand il a abattu sa petite amie Reeva Steenkamp le 14 février 2013, la prenant, dit-il, pour un intrus, probablement un cambrioleur. Selon le Dr Vorster, son "trouble d'anxiété généralisé" a eu des conséquences directes sur ses relations personnelles et sa vie sexuelle.

Vie sexuelle

"Fonctionnait-il socialement? Oui, on dirait que oui. Mais pas de façon optimale", a-t-elle résumé. Il se faisait de nouveaux amis "afin sans doute d'éviter d'être seul", a expliqué la psychiatre. "Il était seulement en leur compagnie pour éviter d'être seul."

Meryll Vorster en est ensuite venue à la vie sexuelle de l'accusé. "Ses relations sexuelles semblent avoir duré bien peu de temps", a-t-elle relevé.

Trente jours

Le procureur Gerrie Nel a demandé qu'Oscar Pistorius soit placé en observation pendant trente jours pour vérifier les conclusions de la psychiatre. Il a jugé que l'athlète n'avait pas l'air de souffrir de trouble d'anxiété généralisé, une affection qui se caractérise par un état d'inquiétude permanent et excessif.

Il a notamment relevé qu'Oscar Pistorius n'avait pas pris les mesures de sécurité les plus élémentaires pour assurer sa sécurité chez lui: pas de barres de sécurité aux fenêtres, absence d'une alarme fonctionnant normalement ou porte de sa chambre ouverte.

Alors que les audiences de ce procès-marathon touchent à leur fin, le procureur a donné un avant-goût de son futur réquisitoire. Il a remarqué que le sportif avait d'abord plaidé l'auto-défense, puis la panique, pour expliquer son geste fatal, avant de tenter d'utiliser maintenant sa santé mentale.

Il reste persuadé que Pistorius a abattu sciemment Reeva à la suite d'une de leurs nombreuses disputes.

Décision mercredi

La juge Thokozile Masipa dira mercredi si l'accusé sera envoyé pour un mois dans un hôpital psychiatrique afin d'établir s'il souffre d'un "trouble d'anxiété généralisé".

Oscar Pistorius, 27 ans, affirme qu'il a tué son amie Reeva Steenkamp par accident, croyant qu'un cambrioleur était caché dans les toilettes. L'accusation pense au contraire qu'il l'a abattue sciemment au cours d'une violente dispute. L'athlète risque la prison à perpétuité,