A Pékin, le président philippin Duterte annonce qu'il rompt avec les Etats-Unis

Présent à Pékin à l'occasion d'un sommet avec son homologue chinois, le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé sa "séparation" avec les Etats-Unis, un allié traditionnel de son pays.

20 oct. 2016, 13:19
Après un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping (à droite), le président philippin a annoncé la rupture.

Le président philippin Rodrigo a officiellement annoncé jeudi à Pékin sa "séparation d'avec les Etats-Unis". Il a ainsi consacré son spectaculaire revirement diplomatique vers la Chine au détriment du traditionnel allié américain.

Accompagné par une délégation d'affaires de 400 membres, M. Duterte est à Pékin pour une visite d'Etat de quatre jours. Après un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping, il a profité d'un forum économique pour annoncer la rupture avec Washington, déclenchant les applaudissements du public.

Cette visite consacre le net réchauffement des relations avec la Chine, rendues glaciales ces dernières années par un épineux différend autour de la souveraineté d'îles en mer de Chine méridionale.

Campagne anticriminalité critiquée

Critiqué par les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU pour sa campagne anticriminalité, qui a déjà fait plus de 3700 morts selon un décompte officiel, M. Duterte peut également compter sur l'appui de la Chine.

Pékin "soutient le nouveau gouvernement philippin dans sa lutte pour l'interdiction de la drogue, contre le terrorisme et la criminalité et est disposé à mener une coopération à ce sujet" avec Manille, ont indiqué les Affaires étrangères chinoises.

 

"Good bye, my friend !"

Mercredi, Rodrigo Duterte avait jugé, dans un discours devant la communauté philippine à Pékin, que son pays, colonie américaine jusqu'en 1946, avait peu bénéficié de son alliance avec l'Amérique.

"Vous êtes restés dans mon pays pour votre propre intérêt. Donc c'est l'heure de se dire au revoir, mon ami", avait-il déclaré dans une adresse à Washington.

"Je n'irai plus aux Etats-Unis. Je ne serais qu'insulté là-bas", avait ajouté M. Duterte, avant d'à nouveau faire référence au président Barack Obama par le terme de "fils de pute", déjà prononcé en septembre.