A New-York, le pétrole s'envole

Record du plus haut prix du pétrole à New York depuis deux ans. Cette hausse s'explique par les tensions concernant la Syrie et la situation de l'emploi américain.

06 sept. 2013, 21:37
Un trader inquiet à Wall Street.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en octobre s'est apprécié de 2,16 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 110,53 dollars, un montant qu'il n'avait plus atteint depuis mai 2011.

"L'animosité de ce matin entre (les présidents russe et américain) Vladimir Poutine et Barack Obama a ravivé la crainte d'une escalade de la situation autour de la Syrie", a observé James Williams de WTRG Economics, faisant référence au sommet du G20 à Saint-Pétersbourg.

La Syrie est un tout petit producteur de pétrole mais les marchés craignent qu'une intervention internationale ne déstabilise l'ensemble du Moyen-Orient, où est produit environ un tiers du brut mondial.

Peu de créations d'emplois

Les cours du brut ont par ailleurs été tirés vers le haut par le rapport mensuel des autorités américaines sur l'emploi aux Etats-Unis. Selon ce document, le taux de chômage a baissé de 0,1 point à 7,3% en août dans le pays, atteignant son plus bas niveau depuis décembre 2008.

Mais ce recul "est plus dû à une baisse de la population active", descendue à son plus bas niveau depuis 35 ans, "qu'à de nouveaux emplois", a remarqué l'analyste indépendant Andy Lipow. De fait, seulement 169'000 emplois ont été créés le mois dernier alors que les experts s'attendaient à 177'000 nouvelles embauches.

De plus, les créations d'emplois des deux mois précédents ont été drastiquement revues en baisse: 172'000 emplois en juin et non plus 188'000 comme annoncés précédemment, et 104'000 emplois en juillet et non plus 162'000.

Poursuites des injections de dollars

Le marché du brut a toutefois "plutôt bien accueilli ces chiffres médiocres car les investisseurs estiment que cela va inciter la Fed à retarder toute décision sur un possible ralentissement de ses mesures de soutien", a souligné M. Lipow.

La banque centrale américaine injecte actuellement chaque mois 85 milliards de dollars dans le système financier américain, une mesure qui a entre autres effets de favoriser les investissements dans les actifs jugés risqués, comme les matières premières. Ses responsables ont suggéré ces derniers mois qu'ils pourraient y mettre un frein lors de leur prochaine réunion les 17 et 18 septembre.