500 personnes dans les rues de Lausanne

500 personnes ont manifesté ce samedi contre les renvois de migrants en Italie. Le cortège lausannois organisé par le collectif R a demandé à la Suisse et aux cantons de stopper les envois vers la péninsule.

09 mai 2015, 14:14
Un collectif de demandeurs d'asile erythreens manifestent lors d'un piquet de protestation "stop bunker" ce mardi 23 septembre 2014 devant le palais de Rumine a Lausanne. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Plus de 500 personnes ont manifesté samedi à Lausanne contre les renvois de migrants en Italie. Elles ont appelé la Suisse à en faire davantage et demandé aux autorités cantonales de stopper les renvois vers la Péninsule.

"Les bateaux coulent, la Suisse refoule", "Stop aux renvois vers l'Italie", ont scandé les participants au cortège mis sur pied par le collectif R. Ils étaient plus de 500 selon un décompte de l'ats, plus de mille selon les organisateurs et entre 400 et 600 selon la police de Lausanne.

Les manifestants ont dénoncé le parfait cynisme de la Suisse. Le pays renvoie des réfugiés en masse vers l'Italie, alors que chaque jour des centaines de personnes y posent le pied après une traversée dantesque de la Méditerranée et que des cadavres parsèment les plages de Lampedusa.

Devant l'église Saint-Laurent, où cinq migrants menacés de retourner en Italie ont trouvé refuge depuis deux mois, le conseiller aux Etats Luc Recordon (Verts/VD) a réclamé leur suspension. "Ce système est inacceptable. Il y a plus de 100'000 réfugiés dans ce pays et au mieux 25'000 places dignes de ce nom pour les accueillir".

Résolution au Parlement vaudois

Selon l'écologiste, la Suisse doit utiliser sa marge de manoeuvre, en attendant que l'Europe ne se réveille et accueille un nombre de migrants proportionnel à sa population. Son collègue du Conseil national, le socialiste Eric Voruz a demandé "l'arrêt de toutes les hypocrisies". "Dublin, c'est un accord à la Ponce Pilate, qui permet à la Suisse de se laver les mains", a-t-il dénoncé.

Quant au député de la Gauche Jean-Michel Dolivo, il a lu une résolution qui sera débattue mardi au Grand Conseil. Signée par 56 députés, elle souhaite notamment que le Conseil d'Etat demande à la Confédération d'activer la clause discrétionnaire lorsque des motifs personnels, en particulier médicaux, s'opposent au renvoi dans le cadre des Accords Dublin.