Revue de presse: coronavirus, tentatives de suicide et impact des 4x4… les titres de ce dimanche

Le coronavirus fait toujours les gros titres de la presse dominicale. Les journaux abordent aussi les tentatives de suicide en hausse chez les jeunes, l’impact des accidents dû aux 4x4 ou le déclin des bancomats.
23 janv. 2022, 10:26
La presse dominicale revient sur les principaux faits d'actualité de ces derniers jours.

Un été sans mesures

Dans une interview dans la SonntagsZeitung, l’épidémiologiste Marcel Tanner, ancien membre de la taskforce de la Confédération, croit à un été sans restrictions sanitaires étatiques. Après la vague Omicron, des mesures généralisées comme le port du masque ou le certificat Covid 2G (vacciné ou guéri) ne seront plus nécessaires «si nous continuons à nous faire vacciner et injecter la dose de rappel», juge-t-il. Pour ce faire, la société et les individus doivent prendre leurs responsabilités. Le virus ne va pas simplement disparaître, il y aura «toujours des flambées de coronavirus, peut-être même de petites vagues», poursuit M. Tanner. Mais il sera possible de les endiguer avec des «mesures ciblées ponctuelles et volontaires». L’épidémiologiste appelle encore à cesser de «tester à grande échelle et collecter des données en masse» après la vague Omicron. De grandes quantités de données n’améliorent pas les prévisions mais ne font que provoquer de nouvelles peurs, selon lui. Et de prôner plutôt des tests aléatoires, visant les personnes ayant des symptômes, comme c’est le cas pour la grippe.

Un tiers des camps de ski annulés

Cet hiver, environ un tiers des 360 camps de ski prévus ont été annulés en Suisse en raison d’Omicron. Rien qu’en décembre et janvier, sur plus de 100 camps scolaires réservés auprès de l’association Initiative sports de neige Suisse, 80% ont été annulés, expose son directeur Ole Rauch dans la SonntagsZeitung. «Pour les élèves, c’est le deuxième voire le troisième hiver sans camp», regrette sa présidente Tanja Frieden, championne olympique en snowboard. Elle relève que, si cela continue ainsi, «tout un degré d’école secondaire» n’aura jamais participé à un camp de neige. Les camps sont actuellement fortement déconseillés par la Confédération. Celle-ci devrait donner son feu vert à partir de février pour des camps «en petits groupes de maximum deux classes».

Les milieux économiques pour la fin des mesures

Une alliance composée de l’Union suisse des arts et métiers (usam), d’autres associations de branches et de politiciens bourgeois veut demander mardi au Conseil fédéral de lever dès février la plupart des restrictions liées au coronavirus, comme l’obligation de présenter le certificat Covid ou les limitations du nombre de personnes, indique la NZZ am Sonntag, s’appuyant sur plusieurs sources non nommées. L’alliance trouve que la prolongation des mesures n’est pas acceptable pour l’industrie. Elle appelle aussi à un «Freedom Day» (journée de la liberté – jour où la plupart voire toutes les restrictions seront levées), sur le modèle d’autres pays. L’UDC s’engage également en faveur d’une telle journée et exige la suppression du port du masque obligatoire dès mars.

Hausse des tentatives de suicide

Le nombre de tentatives de suicide chez les adolescents a fortement augmenté en 2021, rapporte la SonntagsZeitung. La Clinique universitaire psychiatrique pour enfants et adolescents de Berne a pris en charge en urgence plus de 50% de patients mineurs suicidaires de plus que l’année précédente. Elle a accueilli parfois plusieurs patients en un jour au cours de l’automne et de l’hiver, précise son directeur Michael Kaess. Récemment, il y avait presque trois fois plus de jeunes que de places disponibles aux urgences. Une clinique similaire à Zurich a recensé 278 tentatives de suicide. «Nous sommes en état d’urgence et encore en train d’éteindre le feu, cela ne peut continuer ainsi», met en garde son médecin-chef Gregor Berger. Il réclame un registre national des tentatives de suicide, afin de comprendre «pourquoi de plus en plus de jeunes sont sujet à des crises psychiques».

Le «non» à l’EEE en 1992 due à une erreur

Une erreur de communication du Conseil fédéral a favorisé le «non» à l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen (EEE) lors de la votation populaire de décembre 1992, estime l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi dans une interview dans la SonntagsZeitung. «Nous avons oublié que de nombreuses personnes votaient par correspondance», les apparitions télévisées ont donc été planifiées trop tard, selon lui. Trente ans après le vote, les procès-verbaux du gouvernement ont récemment été publiés. Il en ressort que presque tous les conseillers fédéraux étaient contre une adhésion à l’EEE. Ils parlaient de «traité colonial» ou disaient que la Suisse s’était laissé «massacrer en tranches» par la Communauté européenne.

Le PLR divisé sur le nucléaire

La levée ou non de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse divise les libéraux-radicaux. Les Femmes PLR s’opposent à un retour en arrière. «Se prononcer maintenant en faveur de la construction de nouvelles centrales envoie un signal erroné et trompeur. Cela torpille les efforts de développement des énergies renouvelables», estime dans la NZZ am Sonntag la conseillère nationale Susanne Vincenz-Stauffacher (SG), présidente des Femmes PLR. Préoccupé par la sécurité de l’approvisionnement en électricité en Suisse, le parti propose de rouvrir le dossier du nucléaire dans le projet d’un papier de position, qui sera soumis à l’appréciation des délégués du parti le 12 février.

Plus d’accidents à cause des 4x4

L’augmentation croissante en Suisse du nombre de SUV impacte le nombre et le type d’accidents, selon une enquête Tamedia parue dans Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. Le nombre de ces véhicules a doublé en dix ans, ils représentent près d’une voiture neuve sur deux. Volumineux, pesant entre une et 2,5 tonnes, ils provoquent de 10 à 27% d’accidents, souvent graves, de plus que les véhicules classiques, d’après des chiffres d’AXA de 2020. Lors d’un accident, si la différence de poids entre les deux véhicules est de 100 à 500 kilos, le risque de décéder ou d’être grièvement blessé est de 50% plus élevé pour les occupants du modèle poids plume. Si cet écart est d’une demi-tonne et plus, cette menace est trois fois plus élevée. Des politiciens cherchent à limiter voire à interdire ces véhicules, pour des raisons non seulement sécuritaires mais aussi environnementales.

Adhésion pleine de la Suisse au programme de recherche européen

Dans une résolution urgente adressée au Conseil fédéral, les présidents du Conseil des EPF, de Swissuniversities et de l’association sectorielle Scienceindustries exigent une pleine association de la Suisse au programme de recherche «Horizon Europe» d’ici fin 2022 et une offensive en matière d’innovation de la Confédération, indique le SonntagsBlick. En raison de l’abandon de l’accord-cadre, la Suisse n’est plus membre à part entière du programme, ce qui conduit à des discriminations pour les étudiants, des exclusions de projets ou encore des problèmes de recrutement, selon le monde scientifique.

Diminution des distributeurs de billets

Le nombre de distributeurs automatiques de billets va drastiquement diminuer en Suisse, prévoit Jos Dijsselhof, directeur général de la Bourse suisse (SIX). «Dans cinq ans, un distributeur sur deux aura disparu», précise-t-il dans une interview dans le SonntagsBlick. Ces distributeurs représentent des pertes financières. Il y en a actuellement 7000 en Suisse, ce qui est clairement trop, selon M. Dijsselhof. Le début de la pandémie a vu le nombre de retraits d’espèces chuter, parfois jusqu’à 50%. Ce nombre se stabilise, mais à un niveau plus bas qu’avant le Covid-19. «L’argent liquide a du plomb dans l’aile», développe le directeur. Il s’attend à ce que les distributeurs soient à l’avenir exploités par une entreprise tierce et non plus par les banques elles-mêmes. «Le bancomat du futur reconnaîtra grâce à la carte dans quelle banque le client a son compte et adaptera visuellement l’écran en conséquence. C’est déjà une réalité à l’étranger.»

La gestion de Credit Suisse critiquée

L’ancien directeur du Credit Suisse Oswald Grübel critique le management actuel de la banque. «Quand une entreprise connaît autant de crises au fil des ans, cela veut dire que sa gestion est mauvaise», déclare celui qui a été CEO de 2003 à 2007 dans une interview dans la NZZ am Sonntag. Selon lui, des dysfonctionnements au sein de la direction ont conduit d’excellents managers à quitter le Credit Suisse, qui emploie 50’000 personnes, ce qui a également mené à des pertes de plusieurs milliards de francs l’an dernier. Les affaires Archegos et Greensill sont «des erreurs de débutants», souligne encore M. Grübel. Et d’estimer que les actionnaires de la banque doivent exercer davantage de pression sur la direction, notamment en ce qui concerne la nomination des membres du conseil d’administration, qui doivent «connaître les affaires à fond». Malgré la fragilité de la banque, son ancien chef ne croit pas à un rachat. L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) s’opposerait à une telle vente, selon lui.

par Keystone - ATS