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Le Palp célèbre le son à Bruson

Le festival ouvre ce week-end la grande exposition «Bruissons» au cœur de Bruson, un vaste dispositif d’installations sonores et visuelles qui brasse toutes les matières artistiques possibles.

01 juil. 2020, 20:00
La cabine Bruson Station conçue par l'artiste Sabine Zaalene, qui permettra à celui qui s'y trouve de mixer les sons captés en direct dans trois lieux éloignés, tout en contemplant la vue sur le val de Bagnes.

Tout juste après avoir annoncé une copieuse tranche de programmation pour ses divers événements, le Palp Festival s’apprête à ouvrir ce week-end sa grande exposition «Bruissons». Bruissons, donc, verbe décliné à la première personne du pluriel, car le vaste dispositif d’installations sonores et visuelles se veut interactif et participatif à tous les niveaux. Le public pourra s’immerger dans la matière audio collectée dans le village par des artistes auxquels le festival a laissé carte blanche, dans des lieux privés prêtés par la population du village pour l’occasion.

En tout, une vingtaine de stations ont été conçues et disséminées dans le village, et offrent une balade sensorielle étonnante. «L’idée de travailler sur le son était assez logique, vu que depuis l’origine du festival, nous avons malaxé cette matière en tous sens», explique le directeur Sébastien Olesen. Mélodies de villages du monde prêtées par le Musée d’ethnographie de Genève, histoires sur mesure contées dans un casque dûment désinfecté, mise en valeur des sonorités du patois, expériences multimédias, sieste musicale dans le foin, animations pour toute la famille… ici le patrimoine respirera la post-modernité, et ce jusqu’au 27 septembre, comme le montre l’étonnante sélection ci-dessous.

1. «Bruson Station», par Sabine Zaalene

 

La cabine «Bruson Station», conçue par l’artiste Sabine Zaalene. @Sacha Bittel

 

Juste au-dessus du cœur du vieux village, une cabine de verre imaginée par Sabine Zaalene tranche dans le paysage de verdure et de boiseries. «Bruson Station», c’est son nom, est la mise à jour d’un projet réalisé par l’artiste sédunoise il y a une dizaine d’années dans la capitale, où le visiteur pouvait mixer dans son casque les sons de la ville avec vue panoramique depuis Valère sur la cité. Ici, le cadre change et la vue imprenable donne sur le val de Bagnes. Et depuis l’habitacle, le visiteur pourra mixer à loisir les sons captés en direct dans trois lieux emblématiques, Aoste – où l’on parle le même patois qu’à Bagnes –, au zoo des Marécottes et enfin à la Raclett’House d’Eddy Baillifard. Un véritable défi technologique et logistique relevé haut la main par l’équipe du Palp Festival. «C’était assez compliqué techniquement et nous avons dû faire un terrassement sur un terrain mis à disposition par son propriétaire. Tout le monde a magnifiquement joué le jeu», se réjouit Sébastien Olesen.

 

2. «From Bruson to Jupiter», par David Glassey et Franco Mento

 

David Glassey, ingénieur lumière, et Franco Mento, musicien électro, au cœur de leur dispositif, que chacun pourra tester très facilement. @Sacha Bittel

 

En franchissant le seuil d’une grange tout ce qu’il y a de traditionnel, on pénètre dans un espace noir, profond de 6 mètres, strié de tubes LED dont la lumière suit les inflexions d’une musique composée pour l’occasion par le musicien électro Franco Mento. Au fond, un pupitre, un mini-clavier, un pad, un écran tactile en libre accès. A chacun dès lors de se mettre aux machines et de faire dialoguer son et lumière et de créer son propre moment hors du temps. «Nous avons voulu que le dispositif soit accessible au plus grand nombre, très intuitif. Chacun pourra s’amuser très facilement, de quelque niveau qu’il soit», explique le duo.

 

3. «Agrophonie», par Basile Richon et Rémy Bender

 

La création de Basile Richon et Rémy Bender veut donner à entendre la voix des champs grâce à l’énergie de l’eau. @Sacha Bittel

 

C’est à souligner, la grande majorité des artistes participant à «Bruissons» sont issus du terreau valaisan. C’est le cas de nouveau pour le duo Basile Richon et Rémy Bender, qui proposent ici une installation saisissante, utilisant la force de l’eau pour produire du son grâce à une savante machinerie. En grimpant un pré en bordure de village, on entend ces notes rappelant celles qu’on tire de scies musicales, qui emplissent l’air de cette combe naturelle. Cette création qui fonctionne à l’énergie cinétique entend donner voix aux champs. Beaucoup d’inventivité et de poésie. 

 

4. «Raclophonic», par Marcel Bétrisey et Blaise Coutaz

 

 

Génial inventeur de la place sédunoise, Marcel Bétrisey est l’homme de tous les possibles. «Quand on lui a soumis l’idée de ce projet, ses yeux se sont instantanément allumés», sourit Sébastien Olesen. «Raclophonic» pousse un cran plus loin la démarche lancée par le Palp avec son «Caseine Noise Ambassador» qui permettait de mixer les sons de la raclette il y a cinq ans. Là, des capteurs de mouvement, de chaleur transforment littéralement le four à raclette en instrument de musique qu’on joue à deux. L’un racle et l’autre module les sons qui parviennent à l’ordinateur. L’instrument a déjà été testé et approuvé par Eddy Baillifard et William Besse.

Infos pratiques

Programme détaillé sur le site du Palp Festival