Richemont subi les conséquences du franc fort

Richemont a pris des mesures d'économie en Suisse pour faire face à la crise du franc fort. Les salaires des dirigeants ont été baissés, ceux des employés en Suisse gelés.

22 mai 2015, 09:26
Richemont biffe 25 emplois à Meyrin (GE) au sein de la société Stern Créations Genève, spécialisée dans les cadrans de montres.

Le groupe de luxe Richemont a subi les conséquences de la hausse du franc par rapport à l'euro depuis le début de l'année. Le groupe a pris des mesures d'économies en Suisse, à commencer par le salaire de ses dirigeants.

Le président de la compagnie Johann Rupert a indiqué vendredi en conférence téléphonique que les directeurs exécutifs du groupe ont accepté de baisser leurs salaires "afin de donner l'exemple". Les salaires des employés en Suisse ont été gelés et les investissements révisés à la baisse.

"Nous avons gelé les salaires. Nos employés, dont le pouvoir d'achat en euros a augmenté, ont très bien compris cette situation", a assuré M. Rupert. Un tiers des employés du groupe, soit plus de 3700 personnes, travaillent en Suisse, mais beaucoup sont frontaliers.

"Nous sommes aussi très prudents pour les engagements de nouveaux employés et nos investissements", a déclaré M. Rupert. Le responsable a en même temps souligné que le coût des matières premières importées pour produire en Suisse a baissé.

"Nous avons renégocié les contrats avec nos fournisseurs pour tenir compte de cet avantage en termes de coûts", a-t-il précisé. Les prix ont également été ajustés pour tenir compte de l'évolution des cours de change, une pratique habituelle au niveau mondial.

Pas de transfert hors de Suisse

"La Suisse est un très bon endroit pour faire des affaires dans un environnement très compétitif et avec des employés très qualifiés. Ce n'est pas notre but de tailler dans les effectifs", a assuré Johann Rupert.

Dans le communiqué, Richemont souligne que "le transfert de ses activités hors de Suisse n'est pas une alternative" au franc fort.

A court terme, le groupe chiffre à 686 millions d'euros la perte provoquée par la réévaluation du franc par rapport à l'euro, monnaie dans laquelle ses résultats sont publiés. Les différences de cours de change sont à l'origine de la baisse de 35% du bénéfice net cette année, selon le communiqué.

"Je peux rassurer les actionnaires. La position financière globale du groupe et ses réserves de cash n'ont pas été affectées négativement par l'impact de la dévaluation de l'euro par rapport au franc cette année", affirme Johann Rupert dans le communiqué. Les réserves de cash, 5,4 milliards d'euros, n'ont pas été touchées par la faiblesse de certains marchés en Asie.