Meyer Burger supprime quelque 450 emplois

Malgré la catastrophe nucléaire de Fukushima, l'industrie solaire traverse une crise aiguë qui n'épargne pas Meyer Burger. Le groupe zougois, spécialisé dans les technologies photovoltaïques, accuse une baisse des commandes. Il supprime quelque 450 emplois.

22 mars 2012, 18:00
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L'entreprise, qui s'était rapidement développée pour compter à la fin de l'an passé 3058 collaborateurs à travers le monde, biffe ainsi environ 15% de ses effectifs. Les détails des coupes sont en cours, a indiqué jeudi à Zurich Michel Hirschi, responsable des finances.

La restructuration touche particulièrement l'allemand Roth & Rau, acquis en août dernier. Quelque 200 postes sur 1350 seront sabrés, comme annoncé en février. La production n'est pas touchée. Les secteurs des ventes et des services de cette société et de sa maison mère seront en outre réunis et réduits.

La Suisse est également concernée. A Thoune, 40 à 60 emplois passeront à la trappe. Les 17 sites de la région seront concentrés dans un nouveau bâtiment en construction. Meyer Burger souhaite, par ailleurs, y installer son siège. Ce dernier se trouvait jusqu'ici à Baar. La différence au niveau des impôts par rapport à Zoug est marginale, selon le directeur financier.

Neuchâtel pas concerné

Les coupes ne visent, en revanche, pas les fabriques de Neuchâtel et Lyss (BE). L'entreprise y a néanmoins introduit le chômage partiel et s'est séparée de la plupart de ses collaborateurs intérimaires. A travers ces mesures, la direction compte amoindrir ses coûts de quelque 20 à 30 millions de francs.

Ces suppressions d'emplois font suite à une forte croissance: Meyer Burger avait créé, à lui seul, 215 postes l'an dernier. Auxquels se sont ajoutés ceux de Roth & Rau. Quant au chiffre d'affaires, il a bondi de 59% au niveau record de 1,315 milliard de francs. La croissance organique s'est même hissée à 44%.

La plus vive croissance provient de l'Asie (+68%), qui représente 80% des ventes. L'Europe (+60%) a également tiré son épingle du jeu. A contrario, les Etats-Unis essuyent un repli de 40%.

Lourd rachat

Mais le rachat de Roth & Rau s'est révélé coûteux: amortissements et dépréciations, dus essentiellement à cette société, se sont élevés à 161,7 millions de francs au total, en 2011. Cette reprise a pesé sur le bénéfice net, lequel est tombé de 97,9 millions de francs en 2010 à 35,8 millions l'an dernier.

Le directeur général de Meyer Burger, Peter Pauli, ne regrette pas cette emplette: "Ce positionnement stratégique était une nécessité. Le prix joue donc un rôle moindre". Roth & Rau, spécialisé dans les équipements et technologies destinés aux cellules solaires, comble les lacunes de la production du groupe, d'après M. Pauli.

Les tourments de l'industrie solaire semblent persister. En dépit de l'accident nucléaire de Fukushima, M. Pauli ne perçoit aucun signe de renversement de tendance.

En raison des faibles entrées de commandes, le groupe table sur un chiffre d'affaires de 600 à 800 millions de francs cette année. Les surcapacités dans le secteur vont comprimer drastiquement les marges, selon M. Pauli. Meyer Burger peut néanmoins surmonter une traversée du désert grâce à un très solide bilan, selon son patron.

Les analystes ont pointé du doigt des perspectives nettement moins réjouissantes que prévu. Celles-ci n'ont manifestement guère plus aux investisseurs non plus. A la Bourse suisse, le titre Meyer Burger a cédé 4,7% à 14,25 francs dans un marché en recul.