Les commerçants suisses redoutent un accord de libre-échange transatlantique

Le projet d'accord transatlantique Tafta (Transatlantic Free Trade Area) inquiète les commerçants suisses.

23 août 2013, 16:24
Aclens, Vendredi 22 Mars 2013.
Visite de la centrale de distribution COOP Suisse Romande.
(Samuel Fromhold/La Côte)

L'association faîtière Commerce Suisse soutient les traités de libre-échange entre la Suisse et d'autres pays, source de croissance des échanges internationaux. Elle exprime par contre des inquiétudes face à l'accord transatlantique en projet entre Union Européenne - Etats-Unis (Tafta).

Cet accord Tafta (Transatlantic Free Trade Area) pourrait avoir des effets négatifs sensibles pour la Suisse, a relevé vendredi en conférence de presse à Zurich le directeur de Commerce Suisse, Kaspar Engeli. Il s'appuie sur une étude des instituts allemands Bertelsmann-Stiftung et Ifo, qui estiment notamment que quelque 18'000 emplois seraient menacés en Suisse.

Les négociations pour l'accord Tafta n'ont certes débuté qu'en juin dernier, et ses détails restent pour l'heure dans le flou, a concédé M. Engeli. Reste que la Suisse pourrait se retrouver assise entre deux chaises, parce que Tafta pourrait rendre sensiblement plus difficile la position de pays tiers. Des multinationales américaines, en particulier, pourraient être amenées à déplacer leur siège suisse vers un pays pris en considération par Tafta.

Et l'ouverture de nouvelles tractations pour un accord de libre-échange avec les Etats-Unis ne sont actuellement guère réalistes, après que la Suisse a rompu en 2006 ces négociations en raison de divergences de vues trop marquées, en particulier sur les questions agricoles et environnementales.

L'accord avec la Chine, un grand avantage

Commerce Suisse, qui compte quelque 3500 membres de 35 branches économiques, salue d'un autre côté le fait que la Suisse prépare actuellement des traités de libre-échange avec neuf pays, dont la Russie, l'Inde, l'Indonésie et le Vietnam. Et M. Engeli considère comme un grand avantage pour la Suisse d'avoir conclu un tel accord avec la Chine avant l'UE.

Ces accords de libre-échange profitent aussi au consommateur, a-t-il encore relevé. Ils sont la meilleure recette contre «l'îlot de cherté» helvétique. Les prix des denrées alimentaires ont ainsi retrouvé dans le commerce de détail leur niveau de 2004, et dans le secteur non-alimentaire celui de 1987. Plus les marchés sont ouverts, plus les prix baissent, selon M. Engeli.