Les banques étrangères en Suisse réclament une task force

L'Association des banques étrangères en Suisse (ABES) réclame une cellule de crise face aux pressions sur la place financière helvétique et les désaccords au sein de la branche. Elle propose de créer une task force sous l'égide du Conseil fédéral.

09 déc. 2012, 22:30
Les banques étrangères sur le territoire suisse demandent l'aide de la Confédération.

 

Cette dernière devrait s'occuper de tous les défis rencontrés par  la place financière, pas seulement les questions fiscales, a indiqué le président de l'ABES Alfredo Gysi dans un entretien accordé à la  «NZZ am Sonntag». «Nous entrons maintenant dans une phase trépidante», soutient-il.

Des décisions ont été prises dans de nombreux domaines sous la pression du temps, relève Alfredo Gysi, considéré comme le «père spirituel» de l'impôt libératoire (modèle Rubik). Selon lui, il faudrait accroître l'influence de l'Association suisse des banquiers sur les autorités politiques.

«En tant que petit pays, la Suisse ne peut réussir que si les banques, les autorités et les milieux politiques apparaissent de façon unie et cohérente. Cela doit être amélioré», déclare Alfredo  Gysi dans le «Sonntagsblick». 
Selon lui, la task force devrait constituer un petit groupe efficace, qui ne ne se contente pas de réfléchir, mais également décide. Sa direction devrait être confiée à la ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf.

Elections allemandes

Le secrétaire d'Etat aux questions financières internationales Michael Ambühl et le président de l'Association suisse des banquiers Patrick Odier devraient également y figurer. La présence de représentants des Chambres fédérales ainsi que de l'autorité de surveillance des marchés (FINMA) est aussi souhaitable.

L'accord fiscal avec l'Allemagne est malheureusement devenu un thème électoral, déplore Alfredo Gysi. «Un échec serait dommage, car nous avons présenté une offre juste et pragmatique», estime-t-il.

En cas d'échec du comité de conciliation du Parlement allemand, il faudra attendre de voir comment le rapport de force politique va évoluer lors des prochaines élections. A ses yeux, Berlin pourrait éventuellement revenir plus tard sur l'accord.

Reste que la Suisse ne pourrait pas se soustraire à l'échange automatique d'informations, si les cinq ou six plus grands pays décidaient d'introduire une telle mesure. «Ça peut encore durer des années», fait-il remarquer.