Le Tour de France n'est pas vraiment une affaire pour l'industrie touristique

Le Tour de France ne serait pas la poule aux oeufs d'or vantée par certains. A Berne, les politiques espèrent que la manifestation attirera de nombreux touristes étrangers, de quoi générer d'importants revenus pour le secteur touristique. Or, des études menées en France montrent que les spectateurs étrangers ne sont pas légion sur les étapes de la Grande Boucle.

18 avr. 2016, 07:46
/ Màj. le 18 avr. 2016 à 10:11
Le Britannique Chris Froome et les autres stars du Tour de France arpenteront les rues de Berne cet été.

Le Tour de France, un aimant à touristes? Pas si sûr. Des études menées en France montrent que la Grande Boucle n'attire que peu de spectateurs étrangers. De quoi tempérer l'enthousiasme des milieux touristiques, en particulier ceux de Berne. Pour rappel, la capitale accueillera à la fois une arrivée et un départ d'étape de la plus grande épreuve cycliste du monde, qui rejoindra ensuite le Valais dans la foulée.

 

Le maire de Berne, Alexander Tschäppät, a annoncé quelque 2,2 millions de francs de retombées pour l'économie touristique de la ville, rappelle Der Bund. Une somme évaluée à partir de celle générée par la venue du Tour à Fribourg en 1997, même si celle-ci reste sujet à caution, puisqu'elle n'a pas fait l'objet d'une quelconque étude. Le montant avait été fourni à l'époque par le comité d'organisation de l'étape fribourgeoise, qui parlait en outre de 3000 nuitées 50 000 spectateurs.

 

En revanche, plusieurs études ont été menées en France et en Belgique sur l'impact économique et touristique de la Grande Boucle. Si Berne imagine voir affluer de nombreux supporters étrangers cet été, elle risque de déchanter. Ceux-ci constituent une minorité parmi les spectateurs. À Pau, dans le sud-ouest de la France, ville qui a déjà accueilli plus de 60 fois les coureurs cyclistes, seuls 9% du public étaient des étrangers. Les admirateurs sont majoritairement issus de la région proche du lieu de l'étape. Par conséquent, ces derniers font une excursion d'une journée et ne descendent donc pas dans les hôtels de la place.

Les établissement hôteliers de Pau étaient toutefois très occupés grâce aux athlètes, soignants, techniciens, journalistes, hôtesses, ou autres membres de la caravane publicitaire. Si les restaurants ont également vu leur fréquentation augmenter, le bilan est plus mitigé parmi les autres commerçants.

Le passage de la Grande Boucle dans les régions passées à la loupe a assurément renforcé leur popularité auprès du grand public. La Corse par exemple en a profité pour communiquer sur ses atouts et pas uniquement en matière touristique. C'est en cela qu'il faudrait éventuellement mesurer des retombées économiques.