Le fossé entre les Suisses les mieux et les moins bien payés s'accentue

En Suisse, la moitié des employés ont touché davantage que 6118 francs par mois en 2012, relève une enquête de l'Office fédéral des statistiques (OFS). Les 10% des travailleurs les moins bien payés touchent moins de 3886 francs brut par mois.
28 avr. 2014, 15:57
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Le salaire médian brut a atteint 6118 francs en Suisse en 2012. La progression a été bien plus spectaculaire chez les top managers que chez les autres salariés. Les 10% des travailleurs les moins bien payés gagnent moins de 3886 francs brut par mois, révèle l'enquête de l'OFS à trois semaines du scrutin sur le salaire minimum.

Le salaire médian signifie que la moitié des employés ont touché davantage que 6118 francs par mois en 2012, l'autre moitié moins. Il a augmenté de 3,2% ou 139 francs en deux ans, selon l'enquête sur la structure des salaires présentée mardi à la presse par l'Office fédéral de la statistique (OFS).

En dix ans, le niveau du salaire médian pour l'ensemble du secteur privé a augmenté de 13,4% en termes nominaux. Mais les écarts se sont creusés. Ainsi, de 2002 à 2012, les 10% des personnes les mieux payées ont vu leur rémunération croître de 22,5%. Pour les salariés les moins bien lotis, la hausse s'est limitée à 9,5%.

La situation empire

La situation est bien pire lorsqu'on examine les statistiques en termes réels, qui correspond au véritable pouvoir d'achat, d'après l'économiste en chef de l'Union syndicale suisse (USS), Daniel Lampart. De 2010 à 2012, les salaires des mieux rémunérés ont progressé de 7,1% (+9901 francs par an). Pendant ce temps, les moins payés ont subi une baisse de 0,6% (-286 francs).

A l'inverse, l'Union patronale suisse (UPS) a relativisé ces chiffres. Les écarts sont toujours modestes en Suisse en comparaison internationale, a argumenté son directeur Roland Müller,

Les quelque 268'000 personnes les plus mal rémunérées de Suisse travaillent principalement dans les services personnels, comme la coiffure ou les nettoyages (près de 52%), l'hôtellerie et la restauration (38%) et la vente (20%), d'après l'OFS. Globalement, la proportion reste stable.

Différence de formation

Autre tendance négative, la différence des salaires entre hommes et femmes, qui s'était légèrement réduite au fil du temps, a connu une hausse de 0,5% en deux ans, passant à 18,9%. Ces écarts salariaux entre les sexes s'expliquent en partie par des différences de formation ou d'expérience.

L'OFS constate néanmoins qu'à profils équivalents, ces différences restent quasi systématiquement en défaveur des femmes. Par exemple, les salariées de 40 à 49 ans exerçant une fonction à haut niveau de responsabilité touchent en moyenne 25,1% de moins que les hommes présentant le même profil.

Pour l'Union patronale, les différences sont liées aussi à l'"état d'esprit". Les hommes sont davantage prêts à assumer des efforts et à accepter des heures supplémentaires, a affirmé Roland Müller. A ses yeux, "les femmes souhaitent de plus en plus des horaires de travail réguliers et des conditions de travail qui laissent moins de place à l'imprévu".