La finance suisse se prépare à des règles plus sévères

Une étude explique les conséquences des nouvelles normes mondiales.
21 sept. 2015, 14:02
Cliente et employe a la salle des coffres de la Banque Leu a Zurich, le 7 juin 2001.







(KEYSTONE/Martin Ruetschi) BANQUE

Avec l’entrée en vigueur prévue début 2017 de l’échange automatique de renseignements (EAR) en matière fiscale, les banques suisses se préparent à un changement de paradigme, estime KPMG.

Pour aider à s’y retrouver dans la jungle réglementaire, le cabinet de conseil lance une nouvelle plateforme.

«Tsunami régulatoire»

La branche financière se trouve actuellement au cœur d’une césure, en particulier à la suite de réglementations nationales et internationales de grande portée, a commenté hier à Zurich devant la presse Philipp Rickert.

Le responsable du secteur financier de KPMG Suisse n’hésite pas à parler de «tsunami régulatoire».

Guider les utilisateurs

La société d’audit et de conseil a donc entrepris de mettre en ligne un aperçu complet des principales réglementations attendues pour les prestataires financiers en Suisse. Le «Regulatory Horizon» est censé guider l’utilisateur dans le labyrinthe de lois, de directives et de circulaires.

Le site vise aussi à renseigner sur l’avancement actuel des changements législatifs prévus dans le processus politique. Outre l’EAR, il se penche sur la loi sur les services financiers (Fidleg), loin de faire l’unanimité dans le secteur, ou encore sur la stratégie de l’argent propre.

Urgence il y a

A compter du début 2017, avec l’adoption du standard international EAR, chaque banque devra passer au crible l’ensemble de sa clientèle pour démarrer la collecte de données.

Dès 2018, les clients fiscalement domiciliés à l’étranger verront donc, bon gré mal gré, leurs données personnelles transmises aux fiscs concernés.

Nombreuses régulations

Au cours des derniers mois, KPMG Lugano à lui seul a accompagné quelque 2000 clients dans leur processus de régularisation, a indiqué Jürg Birri, partenaire chez KPMG. «Nous estimons que beaucoup n’ont pas encore réglé leur cas», a-t-il ajouté.

Pour ces derniers, «il y a urgence», estiment les experts de KPMG. L’Italie par exemple ne va pas prolonger son amnistie fiscale.

Le cabinet s’attend en outre au cours des prochaines semaines à une vague d’autodéclarations de clients grecs en Suisse, non sans lien avec les élections législatives du 20 septembre. ats