L'UBS veut renforcer ses capitaux propres

Forte de sa performance au 2e trimestre, l'UBS souhaite racheter des capitaux propres d'un fond de la BNS. L'opération vise à renforcer sa base de capitaux propres.

30 juil. 2013, 18:34
UBS Romandie comprend Vaud, Fribourg, Neuchâtel et Jura, soit quelque 1300 collaborateurs et 38 agences.

UBS veut clore le chapitre de la crise des "subprimes" en exerçant son option d'achat sur le fonds de stabilisation (StabFund) de la BNS. Au 2e trimestre, la banque a confirmé avoir réalisé une solide performance, avec un bénéfice net de 690 millions de francs contre 524 millions un an auparavant.

Après six mois, le bénéfice net attribuable aux actionnaires d'UBS ressort à 1,68 milliard de francs, contre 1,56 milliard un an plus tôt, a précisé mardi l'établissement, confirmant les informations délivrées la semaine passée. Son directeur général, Sergio Ermotti, s'est dit "très satisfait" des résultats de la performance.

Afin de renforcer sa base de capitaux propres, UBS va exercer l'option d'achat prévue sur les capitaux propres du fonds de stabilisation (StabFund), lequel réunit les actifs toxiques d'UBS remontant à la crise financière de 2008, dite des subprimes. L'opération doit accroître les fonds propres dits durs selon la réglementation Bâle III de 70 à 90 points de base.

Forte des progrès réalisés dans la réduction des actifs pondérés en fonction du risque de 20 milliards de francs à 239 milliards et la diminution de son bilan, UBS affichait à fin juin un ratio de capitaux propres de première catégorie (fonds propres durs) de 11,2% sur la base d'une application intégrale de Bâle III. Un taux en progrès de 1,1 point par rapport à fin mars et proche de l'objectif de 13% visé en 2014.

Evolution favorable du StabFund

Dans un communiqué séparé, la Banque nationale suisse (BNS) a rappelé que le numéro un bancaire helvétique pouvait procéder à cette opération après le remboursement intégral du prêt octroyé par l'institut d'émission au fonds de défaisance.

Dans ce cas, UBS doit verser à la BNS un milliard de dollars auquel s'ajoute la moitié de la fortune nette du fonds, en clair les fonds propres de cet instrument de sauvetage. A l'issue des six premiers mois de l'année le montant revenant à UBS s'élevait à 461 millions de francs.

A fin juin toujours, le fonds de stabilisation de la BNS a confirmé son évolution favorable. Le prêt octroyé au StabFund a pu être ramené de 4,4 milliards à 1,2 milliard de francs. Le risque global pour la période considérée a reculé pour passer de 5,1 milliards à 1,7 milliard.

Au vu de ces développements, l'entier du prêt sera remboursé intégralement sous peu, note la banque centrale. Dès lors UBS entend exercer son option au 4e trimestre.

Montant inconnu

Si la banque ne chiffre pas pour l'heure le montant de l'exercice de l'option, elle estime sa valeur à 2,5 milliards de francs au 30 juin. UBS rappelle cependant que celle-ci est appelée a évoluer d'ici à la fin de l'année en lien avec les avoirs du fonds.

Le StabFund a été mis en place en 2008 dans le cadre du plan de sauvetage d'UBS, la banque se trouvant alors au bord de la faillite après avoir essuyé des pertes abyssales en lien avec des créances immobilières.

Quelque 38,7 milliards de dollars (à l'époque 44 milliards de francs) d'actifs toxiques y ont été placés, la BNS les liquidant progressivement depuis. A fin juin, la valeur brute du StabFund se montait à près de 7,5 milliards de francs.

Résultats trimestriels

Côté résultats trimestriels, UBS a enregistré une évolution réjouissante de l'afflux net de capitaux. Les affaires de gestion de fortune internationale (Wealth Management - WM) ont ainsi vu affluer des fonds pour un montant net de 10,1 milliards de francs, certes moins que les 15 milliards du 1er trimestre, mais plus que les 9,5 milliards de la période correspondante de l'an passé.

Toutes les régions, Suisse et Europe comprises, ont affiché un afflux net de capitaux. A l'image des trimestres précédents, les marchés émergents ainsi que la région Asie-Pacifique y ont le plus contribué. Sergio Ermotti a souligné la contribution essentielle des personnes très fortunées.

L'action UBS a réagi positivement à la Bourse suisse, les investisseurs voyant d'un bon oeil l'opération avec la BNS. A la clôture, elle s'appréciait de 2,3% à 18,15 francs, dans un marché (SMI) quasiment à l'équilibre.