Un nouveau virus géant découvert dans les sols gelés de Sibérie

Et de quatre. Des chercheurs ont découvert un quatrième virus géant, dans les sols gelés de Russie. Et ont réussi à le réveiller.
08 sept. 2015, 17:04
Vue au microscope électronique à balayage du mollivirus.

Un nouveau type de virus géant, vieux de 30'000 ans, a été découvert dans les sols gelés en permanence (pergélisol) de Russie. Baptisé "mollivirus sibericum" parce qu'il est tout mou et qu'il a été trouvé en Sibérie, des chercheurs sont parvenus à le réveiller.

Cette découverte réalisée par une équipe franco-russe démontre que les virus géants "ne sont pas rares et sont très diversifiés", a déclaré Jean-Michel Claverie, l'un des coordinateurs de l'étude, publiée lundi dans les Comptes rendus de l'académie des sciences américaine (PNAS).

Avec mollivirus, cela porte à quatre le nombre de familles de virus géants identifiés depuis 2003, dont déjà deux retrouvés dans du pergélisol, souligne M. Claverie, professeur de médecine à l'université Aix-Marseille.

Selon lui, cela doit conduire à s'interroger sur le risque éventuel que certains de ces virus géants ne se réveillent un jour si les hommes se mettent à trop remuer en profondeur les sous-sols des régions arctiques, à la recherche de précieux minerais ou de pétrole.

Comme des bactéries

Les virus géants, qui ont un diamètre supérieur à 0,5 micron (0,5 millième de millimètre) sont aisément visibles avec un simple microscope optique, contrairement aux autres virus. On peut aisément les confondre avec des bactéries.

Les chercheurs les font revivre en laboratoire en se servant d'amibes (organisme unicellulaire) comme cellules-hôtes. Ils vérifient auparavant qu'ils ne sont pas pathogènes pour l'homme ou la souris.

"Mollivirus sibericum" possède plus de 500 gènes. Il se présente comme une coque oblongue de 0,6 micron de long. Pour se multiplier, il a besoin du noyau de la cellule-hôte.

L'analyse de l'ADN contenu dans l'échantillon de pergélisol a permis de confirmer la présence du génome intact de mollivirus bien qu'à une concentration extrêmement faible.