Promenade virtuelle dans le temple d'Angkor

Se promener à travers le temple d'Angkor Wat sans aller au Cambodge est désormais à portée de clic: Google l'a numérisé dans le cadre de son projet d'hébergement des "trésors culturels du monde", qui ne menace pas le tourisme classique, selon lui.
03 avr. 2014, 15:15
Un visiteur se promène réellement dans un corridor du temple cambodgien. Le virtuel dépassera t-il la réalité?

Présenté jeudi à Angkor Wat, le dernier projet de Google permet aux internautes de visiter ce complexe du XIIe siècle, merveille de l'architecture khmère, dans le nord du Cambodge, depuis chez soi.

Plus d'un million de photographies ont été assemblées, afin de créer 90'000 vues à 360° de ce complexe aux plus de cent temples.

Ce nouveau projet s'inscrit dans une entreprise plus vaste du groupe américain de devenir le géant du patrimoine mondial, avec plusieurs centaines d'institutions désormais partenaires de sa plate-forme en ligne Google Art Project, dont de nombreux musées français.

Ampleur sans précédent

"Récemment, nous avons fait le Taj Mahal, le Grand Canyon, le Mont Fuji" au Japon, explique Manik Gupta, directeur de projet pour Google Maps. "Mais l'ampleur de ce que nous avons à Angkor Wat est sans précédent", ajoute-t-il.

En marchant à travers les ruines d'Angkor, des "randonneurs" de Google portant des caméras attachées à un sac à dos permettent de prendre en photo des zones inaccessibles aux traditionnelles "voitures Google".

Pour ce nouveau projet, cinq Cambodgiens ont été chargés de randonner à travers les temples, jusqu'à huit heures par jour, pour enregistrer chaque recoin.

Destructions

"S'il y a un pays où c'était bien nécessaire, c'est le Cambodge", explique Amit Sood, directeur de l'Institut culturel de Google, évoquant la destruction de nombreuses oeuvres d'art sous le régime des Khmers rouges dans les années 1970.

Au total, 4,2 millions de touristes ont visité le Cambodge en 2013, en hausse de 17% par rapport à 2012, et la plupart se sont rendus à Angkor War.

Amit Sood balaye les craintes de ceux qui pensent que la numérisation risque de modifier en profondeur la façon de découvrir le monde: en restant confortablement dans son salon ou son bureau.

"Tous les musées que nous avons numérisés connaissent une hausse (de fréquentation) sans précédent", assure-t-il, ne voyant dans son travail "aucun effet négatif".