Microsoft et le FBI lancent une offensive conjointe face à la cybercriminalité

L'un des plus important réseau mondial de cybercriminalité est attaqué conjointement par Microsoft et le FBI avec l'appui de plus de 80 pays.

07 juin 2013, 07:12
Microsoft et le FBI ont lancé, avec le soutien de plus de 80 pays, une offensive contre l'un des plus importants réseaux informatiques de cybercriminalité au monde.

Etats-Unis - Le FBI a accès aux serveurs de Google, Facebook et d'autres sites
 
 

(ats afp) L'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) et le FBI ont accès aux serveurs de neuf géants américains de l'internet, dont Microsoft, Yahoo!, Google et Facebook, ont révélé le "Washington Post" et le "Guardian" jeudi. Elle peut y surveiller les activités d'étrangers. Les groupes informatiques concernés démentent.

Le quotidien américain "Washington Post" a été contacté par un ancien employé du renseignement qui a fourni des documents, dont une présentation PowerPoint de formation décrivant le partenariat entre l'agence d'espionnage NSA et les sociétés internet.

Le programme secret, au nom de code "PRISM", est en place depuis 2007. Il permet à la NSA de se connecter aux serveurs des entreprises, via un portail, pour consulter des informations sur des utilisateurs dont il existerait des éléments permettant de penser "raisonnablement" qu'ils sont à l'étranger, le tout sans ordonnance de justice.

La loi américaine protège ses citoyens d'une surveillance faite sans ordonnance, mais les personnes hors du territoire ne bénéficient pas de cette protection et peuvent être espionnées en toute légalité.

Skype espionné en direct

Selon le journal, "les analystes qui utilisent le système sur un portail internet à Fort Meade (une base militaire près de Washington, ndlr) doivent entrer des 'sélecteurs', ou mots-clé de recherche, de façon à ce que la probabilité que la cible soit étrangère dépasse 51%".

Skype, AOL, YouTube, Apple et PalTalk participeraient également au système, et la plate-forme d'hébergement de fichiers Dropbox devrait être ajoutée prochainement.

Selon le "Guardian", la NSA peut consulter "les courriers électroniques, les chats vidéo et audio, les vidéos, les photos, les chats comme Skype, les transferts de fichiers, les détails des réseaux sociaux, et plus". Les communications par Skype peuvent être espionnées en direct.

Il s'agit de "l'un des accès les plus riches (...) pour la NSA", est-il écrit sur le document PowerPoint, selon le "Guardian". Plus de 77'000 rapports de renseignements ont ainsi cité PRISM.

Jamais entendu parler de PRISM

Plusieurs entreprises concernées ont vigoureusement nié jeudi avoir permis aux services de renseignement d'accéder à leurs serveurs pour récupérer des données sur les utilisateurs.

Google a déclaré dans un communiqué aux deux quotidiens qu'il n'existait pas de "porte d'entrée cachée" à ses serveurs pour les services fédéraux. Le géant d'internet a ajouté qu'il faisait "très attention à la sécurité des données de (ses) utilisateurs". "Nous ne divulguons de données à l'Etat fédéral qu'en accord avec la loi, et nous examinons ces demandes avec attention", dit-il.

Du côté d'Apple, "nous n'avons jamais entendu parler de PRISM", a affirmé le porte-parole du groupe Steve Dowling. "Nous ne fournissons aucun accès direct à nos serveurs à des agences gouvernementales, et toute agence de ce type recherchant des données sur un client doit obtenir un mandat judiciaire", a-t-il ajouté.

Conforme à la loi

Contacté par l'AFP, le réseau social Facebook a lui aussi démenti ces accusations. "Nous ne fournissons à aucune organisation gouvernementale un accès direct aux serveurs Facebook", a affirmé Joe Sullivan, responsable de la sécurité du groupe.

Quand les autorités font des demandes de recherches d'informations, "nous regardons de près la conformité au droit de telles requêtes, et ne fournissons des informations que dans les cadres requis par la loi", affirme-t-il.

Le géant de Seattle Microsoft a pour sa part affirmé: si le gouvernement menait un tel programme "volontaire pour rassembler des données sur des utilisateurs, nous n'y participons pas". Egalement visé, le groupe de la Silicon Valley Yahoo! a nié procurer un accès direct à ses utilisateurs au gouvernement.

Promulguée par Obama

Cet espionnage a été permis par une loi votée pendant le mandat de George W. Bush, et renouvelée et promulguée par Barack Obama en décembre 2012, malgré l'inquiétude d'élus face à cette carte blanche donnée à la NSA.

Ces révélations suivent celles du quotidien britannique sur un autre programme conduit par la NSA, grâce auquel l'agence d'espionnage recueille la totalité des relevés téléphoniques des abonnés de l'opérateur Verizon.