Votations fédérales du 29 novembre 2020
 10.11.2020, 10:44

Economie: quatre faîtières contre l'initiative pour des multinationales responsables

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Pour l'économie, l'initiative "pour des multinationales responsables" est "nuisible" (image d'illustration).

Votations fédérales Quatre faîtières économiques sont montées au front concernant l’initiative «pour des multinationales responsables». Par contre, un comité d'entrepreneurs qui réunit près de 300 dirigeants d'entreprises plaide, lui, en faveur de l'initiative.

L’économie reste sur ses gardes face à l’initiative «pour des multinationales responsables». Quatre faîtières économiques sont montées au front mardi, deux semaines après que le comité économique a plaidé pour le «non».

Lors d’une conférence de presse en ligne, les présidents d’Economiesuisse, de l’Union suisse des arts et métiers (USAM), de l’Union patronale suisse et de l’Union suisse des paysans (UPS) ont dénoncé une initiative «nuisible». Elle s’appuie sur les mauvais instruments.

 

 

Le président d’economisuisse, Christoph Mäder, a souligné l’engagement des entreprises suisses en faveur des droits de l’homme et des normes environnementales internationales. L’initiative «pour des multinationales responsables» ne tient, selon lui, pas compte de la souveraineté des Etats. Par conséquent, elle rendrait beaucoup plus difficile la coopération axée sur le dialogue entre entreprises, Etats et firmes locales.

Plutôt que développer des marchés au bénéfice des populations locales, les entreprises suisses devraient, dans ce cas, éviter tout risque et revoir leur engagement, en particulier dans les pays du tiers-monde, a-t-il ajouté.

«Un autogoal en pleine crise du Covid»

Les faîtières craignent que la Suisse ne marque un «autogoal» en acceptant l’initiative dans un contexte de crise économique. «Si l’initiative est acceptée, la Suisse en tant que site économique subira un préjudice durable», a déclaré Valentin Vogt, président de l’Union patronale suisse.

Cet effet domino finirait par frapper l’entreprise dont le service juridique est le moins doté.
Fabio Regazzi, président de l’USAM

Le président de l’USAM, Fabio Regazzi, dénonce «un dénigrement de l’économie» par les initiants. Il craint qu’en cas d’acceptation du texte les risques juridiques ne se répercutent sur les fournisseurs et d’autres acteurs. «Cet effet domino finirait par frapper l’entreprise dont le service juridique est le moins doté. Celui qui n’accepterait pas de signer un tel contrat serait simplement exclu de la chaîne d’approvisionnement», a-t-il expliqué.

Un comité d'entrepreneurs en faveur de l’initiative

En cas de «oui» le 27 novembre, les entreprises agricoles seront également fortement touchées selon Markus Ritter, président de l’UPS. Il a notamment cité les entreprises partenaires des secteurs agricole et alimentaire qui ont des fournisseurs à l’étranger. «Il est presque impossible pour les agriculteurs de vérifier si les règles sont respectées lorsqu’ils importent par exemple de l’engrais, du carburant ou des machines de l’étranger», a-t-il déclaré.

A contrario des quatre faîtières opposées au texte, un comité d'entrepreneurs "Economie pour des entreprises responsables" s'est engagé fin octobre en faveur de l'initiative. Le comité réunit près de 300 dirigeants d'entreprises.

Répercussions juridiques

L’initiative et «son énorme charge administrative», servirait les intérêts des avocats et non les populations locales, selon Felix Dasserm, partenaire et avocat de la société Homburger.

Le contre-projet mis au point par le Conseil fédéral et le Parlement place en revanche la Suisse à la pointe de la protection des droits de l’homme et de l’environnement, ont affirmé les quatre faîtières. Les règles de transparence contenues dans la proposition sont bien plus efficaces que des actions en responsabilité, a déclaré Felix Dasserm.

Deux sondages voient actuellement une majorité de personnes en faveur de l’initiative. Selon le premier sondage de la SSR publié en octobre, 63 % des sondés, contre 33% de «non», se disaient en faveur de l’initative. Tamedia, compte 57% de «oui», contre 42% de non.

ATS

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