Votations fédérales du 25 novembre 2018
 09.11.2018, 12:02

Valais: la gauche dit non à la surveillance des assurés

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Denis Maret, Emmanuel Amoos, Raymond Borgeat, Philippe Cina et Margareth Brutsch ont présenté leurs arguments à la presse.

 09.11.2018, 12:02 Valais: la gauche dit non à la surveillance des assurés

Votations fédérales PS, Centre Gauche-PCS, Verts et des représentants de Forum Handicap Valais s’unissent pour dénoncer la loi qui permet aux assureurs privés d’engager des détectives pour surveiller des assurés.

La gauche valaisanne s’engage unie pour combattre la loi permettant aux assureurs d’engager des détectives pour surveiller les assurés. PS, Centre Gauche-PCS et Verts ont présenté leurs arguments à la presse vendredi, en compagnie de deux représentants de Forum Handicap Valais.

Politiciens et personnes souffrant d’un handicap fustigent surtout la possibilité laissée à des assureurs privés d’engager des détectives pour surveiller des personnes souffrant d’un handicap sur la base d’un simple soupçon de fraude.

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Les handicapés se sentent stigmatisés

«Pour surveiller un terroriste, il faut l’accord d’un juge, mais pas pour surveiller un handicapé», lance Denis Maret, membre de Forum Handicap Valais. Une manière de dire qu’il se sent stigmatisé par la loi contre laquelle un référendum a été lancé. «On va mettre des moyens énormes à disposition des assurances privées pour 150 abus avérés», déplore-t-il.

Se déplaçant sur une chaise roulante, Margareth Brutsch évoque les difficultés morales qu’une telle surveillance provoque. «Il faut pouvoir vivre avec l’idée d’être surveillé pendant des semaines, parce qu’on est soupçonné d’être un abuseur. Ce n’est pas évident.» Même si tous les handicapés ne vont pas être surveillés dès le lendemain du 25 novembre, elle estime que l’engagement d’un détective privé peut se faire de manière beaucoup trop facile: «Un simple soupçon suffit.»

Chef de groupe de l’Alliance de gauche au Grand Conseil, Emmanuel Amoos va dans le même sens: «C’est une surveillance démesurée! C’est une loi qui viole la vie privée, une loi indigne d’un Etat de droit.»

Une autre forme de surveillance

La gauche se défend de vouloir laisser les gens frauder tranquillement. «Oui, il y a des fraudes dans le domaine des assurances sociales, comme il y en a en matière d’impôts», déclare Raymond Borgeat, président du Centre Gauche-PCS, «mais le fisc ne va pas nommer des détectives privés pour surveiller des fraudeurs! Oui, il faut des contrôles, mais pas comme ça…» Le Vert Philippe Cina ajoute que la profession de détective n’est pas réglementée, ce qui laisse craindre des dérapages.

Emmanuel Amoos propose que les mêmes instruments soient utilisés pour cette surveillance que pour le travail au noir. «La surveillance doit être exercée par des représentants de l’Etat, des personnes assermentées.» Il demande donc de refuser la loi et de la renvoyer au Parlement pour être améliorée.


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