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Initiatives phytos: les agriculteurs de la plaine du Rhône ne veulent pas du sacrifice des produits locaux

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Opposés Agriculteurs valaisans et vaudois unis ce mercredi à Villy pour lancer la campagne romande «2 x non aux initiatives phytos extrêmes» et argumenter sur ce double refus de textes qualifiés de trompeurs.

 31.03.2021, 17:00
Les Valaisans ont rallié Villy et le domaine d'Annie Schütz (ici au volant d'un tracteur d'époque décoré) pour lancer la campagne "2 x non aux initiatives phytos extrêmes". On reconnaît derrière leurs masques: Yannick Buttet (président de l'IFELV), Willy Giroud (président de la Chambre valaisanne d'agriculture), Laurent Ecoeur (maître-fromager), Malika Pannatier (technicienne en alimentation du bétail), Olivier Borgeat (secrétaire général de l'IFELV) et Stéphane Angst (agriculteur à Illarsaz).

«Les deux initiatives phytos sont extrêmes et manquent leur cible: elles mettent en danger la production suisse de denrées alimentaires et rendent la nourriture plus chère.» Sous l’impulsion des organisations faîtières Agora et Prométerre, le comité «2 x non aux initiatives phytos extrêmes» de la plaine du Rhône a lancé la campagne romande contre ces deux textes qui seront soumis au vote le 13 juin prochain.

Avant de démarrer un défilé à travers la plaine du Rhône emmené par de vieux tracteurs et des chars porteurs de messages qui resteront implantés à différents emplacements stratégiques jusqu’en juin, professionnels de la terre du Chablais vaudois et valaisan et représentants d’institutions ont plaidé pour un refus des initiatives «Pour une eau potable propre» et «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse» qualifiées de trompeuses. Morceaux choisis des arguments développés ce mercredi.

Une menace pour des fromages de qualité

«Un oui à l’initiative pour une Suisse libre de pesticides de synthèse péjorerait la qualité des denrées alimentaires», insiste Laurent Ecœur, maître fromager et agriculteur à Val- d’Illiez. «Comme l’industrie alimentaire, nous avons besoin de biocides de synthèse pour permettre à nos installations de produire des fromages qui donnent envie. Sans eux, la qualité irréprochable des denrées alimentaires sera remise en question et la durée de leur conservation écourtée.»

Des paysages alpins fragilisés

«Les exploitations d’altitude comme nos paysages alpins ont tout à perdre en cas de oui.» Si Malika Pannatier recommande de dire deux fois non le 13 juin c’est parce que la technicienne en alimentation du bétail valaisanne est persuadée que l’interdiction d’acheter du fourrage finira de mettre à mal l’équilibre déjà fragile de l’agriculture de montagne. «L’initiative pour une eau potable veut supprimer les paiements directs à toutes les exploitations qui utilisent des produits phytosanitaires ou qui achètent des aliments pour leurs animaux. Ce qui touchera également l’agriculture biologique», renchérit le député vaudois, agriculteur et viticulteur, Gregory Devaud.

Au détriment des consommateurs

«Ces revendications contredisent la demande du marché. On peut déjà faire nos courses en fonction de nos valeurs et de nos souhaits.» Pour le président de l’Interprofession des fruits et légumes du Valais, Yannick Buttet, les consommateurs ont autant à perdre que les agriculteurs – près de 160 000 emplois fragilisés – en cas de double oui le 13 juin. L’avalanche de directives contraignantes supplémentaires impliquerait selon lui que les œufs, la viande de porc ou de poulet suisses deviendraient des produits de luxe ou pourraient même disparaître.


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