Cantonales 2021: le viseur du chasseur, un message différent dans le Haut et dans le Bas, les perles de la campagne sur les réseaux (épisode 17)

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Chronique Cette année, en raison de la crise sanitaire, la campagne pour les élections cantonales se jouera aussi et peut-être plus que d’habitude sur les réseaux sociaux. Nous la suivons pour vous… Et c’est croustillant. Voici le 17e épisode de nos perles de campagne, le premier avant le deuxième tour.

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Le viseur de Darbellay, le chasseur

Christophe Darbellay était chaud mercredi sur le plateau de Canal 9. Dans le viseur du candidat PDC… «Le Nouvelliste». Le président du Conseil d’Etat a d’abord accusé le journal de faire campagne contre Serge Gaudin en parlant de l’appel du 28 mars «Tous sauf Gaudin». C’est marrant, en 2017, il n’avait pas tant critiqué l’appel du 19 mars visant Oskar Freysinger dont on avait parlé dans nos pages.

Christophe Darbellay a ensuite dit que «Le Nouvelliste» a tenté de démobiliser l’électorat PDC en expliquant qu’il était déjà élu. «Je ne suis pas déjà élu, je suis candidat au deuxième tour. Ne faites pas comme Vincent Fragnière qui n’arrête pas de faire des articles pour dire que je suis élu et pour me féliciter». En effet, la Constitution établit que chaque région doit avoir un représentant au gouvernement cantonal. En conséquence, sans Magali Di Marco au deuxième tour, Christophe Darbellay est déjà élu… Oups.

La fin de l’idylle avec Frédéric Favre

Le Conseiller d’Etat PDC n’était pas seul autour de la table. En sa compagnie, Serge Gaudin et Frédéric Favre. De quoi donner l’envie au présentateur Maxime Siggen de leur demander de quel candidat chacun se sentait le plus proche. «Je suis un montagnard, je suis un chasseur. De Gaudin», lance d’un ton assuré Christophe Darbellay. Pas question de laisser entrevoir une quelconque proximité avec le PLR Frédéric Favre à la veille du deuxième tour. La fin d’une idylle. Serge Gaudin rend la politesse en se disant plus proche de Christophe Darbellay. Et Frédéric Favre? «Eh bien moi… de moi-même.»

 

 

Deux campagnes: une dans le Haut, une dans le Bas

Pour Franz Ruppen et Roberto Schmidt, l’élément clé du deuxième tour est la sauvegarde du deuxième siège haut-valaisan. Cet argument est martelé auprès des électeurs du Haut.

Dans le Bas, la campagne est différente, puisqu’il semble difficile de mobiliser les électeurs francophones en leur disant qu’il faut deux germanophones au gouvernement. Donc, d’autres arguments sont avancés dans le Bas; par exemple, Franz Ruppen met en avant son expérience, ses compétences, la nécessité d’un retour d’une force aussi importante que l’UDC au Conseil d’Etat, etc.

Le hic, c’est que dans l’univers des réseaux sociaux, ce double discours se voit… et choque un peu.

 

 

 

Et les champions de la représentation féminine sont…

Un parlement valaisan avec 34% de femmes. Le chiffre est historique. Le Grand Conseil du soi-disant Vieux-Pays est devenu le cinquième plus féminin de Suisse. N’en déplaise à ceux qui ne parlent du Valais qu’au travers de ses clichés. 

Parmi les partis, on remarque que 60% et plus des sièges de l’AdG et des Verts sont occupés par des femmes. A l’autre bout du spectre, on trouve l’UDC avec deux femmes pour 22 élus. Bon, c’est pratique: quand les Jeunes UDC Valais romand remercient leurs électEURS et félicitent leurs élUS, ils n’ont pas besoin de s’embarrasser de considérations de langage inclusif. Deux députés et six députés suppléants. Que des hommes. Comme pour nous dire que l’avenir sera pareil à aujourd’hui ou plutôt à hier. Un combat à la fois. Le parti vient de libérer les femmes musulmanes du joug du voile intégral, les Valaisannes peuvent attendre.

 


111 femmes au Grand Conseil valaisan

Le Valais compte désormais 45 députées. On en a presque oublié que 66 suppléantes (sur 130) ont été élues en même temps, comme le rappelle Entremont Autrement sur son blog. Le canton dispose donc de 111 élues parmi ses 260 parlementaires cantonaux.

La formation de gauche entremontante propose une action symbolique avec un Parlement cantonal qui siégerait avec 111 femmes dans les travées sur 130 sièges. Une façon de mettre en lumière le changement qui s’est opéré en Valais le 7 mars 2021.

 

 

Le Kinder Surprise ne fait pas toujours le bonheur

Xavier Fellay n’a pas décroché la députation et tout s’est décidé dans un Kinder Surprise. Le tirage au sort (après égalité) a été favorable à Bruno Moulin qui est devenu le 6e député de l’Entremont.

 

 

Leur com’ du 7 mars

Nous vous en avons souvent parlé depuis le début de la campagne, la communication politique, c’est tout un art. On vous propose un petit décryptage et tour d’horizon de comment les candidats ont communiqué le jour du scrutin.

Christophe Darbellay a fêté ses 50 ans

A parcourir le profil Facebook de Christophe Darbellay, on dirait que pour lui le 7 mars a été une petite journée tranquillement passée en famille (avec ses frères et sa maman)… Pour fêter son demi-siècle. Le conseiller d’Etat se présente habillé sobrement, comme n’importe quel citoyen.

Les messages sous-jacents: «Le parti de la famille, ce n’est pas qu’un slogan; je suis comme vous.»

 

 

Frédéric Favre en famille

Les derniers jours de campagne, Frédéric Favre s’est présenté en famille. Le samedi soir, il mange en tête à tête avec son épouse des plats achetés chez des restaurateurs qui proposent des plats à l’emporter. Puis il a publié une photo montrant le soutien familial, avec les petites mains de ses enfants. L’épouse et les enfants restent anonymes.

Durant la journée, il publie ses interventions médiatiques, puis le dimanche soir, il met en ligne un message de remerciement accompagné d’une phrase: «Le fruit le plus agréable et le plus utile au monde est la reconnaissance.»

Les messages sous-jacents: «Je fais un travail sérieux et je suis un homme simple (accessible).»

 

 

Les fleurs de Roberto Schmidt

Le matin du dimanche électoral, Roberto Schmidt nous… offre un bouquet de fleurs et nous souhaite une journée fleurie. Pour le reste de la journée, ce sont des messages que des partisans ou des photographes ont publiés qui se retrouvent sur son profil.

Les messages sous-jacents: «Je suis le chouchou, le mec trop sympa.»

 

 

Mathias Reynard, le type souriant et décontracté

Contrairement à ce que font Serge Gaudin et Franz Ruppen, qui ont énormément de messages de fans sur leur profil de manière un peu désordonnée, Mathias Reynard, même s’il se présente avec un look décontracté, maîtrise sa com’ jusqu’au bout. Les messages de soutien sont publiés par lui (ou l’administrateur de sa page). Ses propositions de campagne, illustrées professionnellement, sont présentées jusqu’à la veille du week-end électoral.

Rien sur ses pages Facebook le dimanche du scrutin. La photo, soignée, du type souriant et décontracté paraît le lendemain. Quand on sait comme le bonhomme est tendu les jours de scrutin, on se demande même si la photo n’a pas été prise le 8.

Les messages sous-jacents: «Je suis cool mais professionnel.»

 

 

Serge Gaudin très sérieux

Durant les derniers jours de campagne, Serge Gaudin n’a plus montré de balade dans sa région. Il a laissé de nombreux supporters le soutenir.

Pour le jour de la campagne, il a relayé ses interventions médiatiques, avec un post très sobre, sans photo, pour parler des résultats.

Les messages sous-jacents: «Je n’étais pas connu il y a quelques mois, maintenant j’ai des soutiens de tous les côtés et je suis une personnalité médiatique.»

 

Franz Ruppen, trop occupé pour les réseaux

Franz Ruppen aussi laisse de nombreux membres de son parti, dont beaucoup de francophones, lui apporter son soutien sur son profil Facebook. Pour le 7 mars, il a publié un post le présentant à une interview, post qui a été supprimé depuis. Finalement, pour le dimanche électoral, on peut juste lire la déception d’un député bas-valaisan qui n’a pas été réélu et qui appelle à voter pour Franz Ruppen au deuxième tour.

Les messages sous-jacents: «Je suis soutenu dans le Haut et dans le Bas, mais je n’ai pas trop le temps pour les réseaux sociaux.»

 

 

Clin d’œil à nos lecteurs

Les premiers épisodes de ce journal de campagne nous ont montré que les lecteurs réagissent de cette manière:

  • Lorsque l’on parle du parti X, les adeptes des autres partis estiment que nous en faisons beaucoup pour le parti X, sous-entendu qu’on lui fait de la pub.
  • Par contre, les membres du parti X estiment que nous trouvons toujours quelque chose à critiquer chez eux et pas chez les autres.

Idem, évidemment, lorsque nous parlons du parti Y ou Z. A méditer.

Cet article est publié dans le dossier Elections cantonales 2021. Retrouvez tous les articles de la campagne pour le Conseil d’Etat, les interviews des candidat.e.s, les temps forts de ces élections et les résultats.

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