Spécial Habitat

Une «datcha» dans un écrin de mélèzes aux Mayens-de-Sion

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Exceptionnel Un «chalet noir» tel que baptisé par le voisinage ou l’énigmatique maison de Baba Yaga? Derrière ces murs de madrier sombre, le-bien nommé chalet de la Tour baigne dans une luminosité soyeuse.

 01.05.2021, 17:00
Restaurée dans le respect de son cachet initial, la demeure perpétue sa destination première: une escale de vacances propice aux joyeuses retrouvailles familiales. © Sacha Bittel

Avant même de pénétrer ses flancs, l’invité, honoré, comprend déjà que la demeure témoigne de belles histoires. De ces narratifs issus de diverses générations se rejoignant en un point de jonction dans le temps.

Construite en 1900 par l’ingénieur Jean Travelletti, infatigable voyageur s’étant illustré dans l’achèvement de chemins de fer en Amérique du Sud et en Russie, ce chalet de vacances bourgeois se caractérise d’emblée par une tourelle en bois ainsi que de nombreux détails ornementaux inspirés des pays de l’Est. Dont de hauts contrevents et de lourdes balustrades aux garde-corps massifs.

Connexions avec la Russie

L’actuelle propriétaire du chalet de la Tour, qui a par ailleurs savouré dans ces mayens ses vacances d’enfant, de femme, de mère, atteste aussi de profondes connexions avec la Russie. Par ses ancêtres familiaux comme par sa descendance, l’aîné de ses enfants vivant désormais avec sa petite famille russe à Saint-Pétersbourg.

Atmosphère nostalgique

C’est ce conceptuel tangible à la croisée de deux cultures et de retrouvailles familiales respectives, que les architectes du bureau GayMenzel de Monthey ont d’emblée capté et sublimé, en procédant par étapes, depuis 2014, à la restauration des lieux.

Sensibles au climat de cette belle demeure, ils ont reformulé sans dénaturer, la cohérence de son récit. Sans ostentation, esprit russe et valaisan y fraternisent harmonieusement dans un parfum de nostalgie, de mystère, de continuité et d’élégance. Dans le respect aussi d’une solide simplicité montagnarde, sans concession toutefois au plus douillet des conforts.   

L’imaginaire s’éveille

Préservée, la porte d’entrée d’origine est toutefois doublée de l’intérieur, d’une seconde vitrine s’effaçant au retour des beaux jours. Lui faisant face, une porte à géométrie triangulaire, typique de la narration russe, communique entre la cage d’escalier et les pièces à vivre. Le plafond décline trois tonalités vertes. Un lustre slave, une armoire bernoise et un tableau de Charles Menge dialoguent de façon suggestive. © Sacha Bittel

 Rose tendre

 

Débarrassée de ses faux plafonds, la cuisine/salle à manger a gagné en hauteur et en confort (isolation thermique et sonore) avec un nouveau plafond, singularisé par un dessin décoratif de formes géométriques, conçu dans un trio de tonalités roses. Un escalier secondaire offre un nouvel accès à une pièce d’eau à l’étage. © Sacha Bittel

Le temps s’arrête

 

Une série de cinq fenêtres verticales et frontales offrent au salon l’illusion d’une grande ouverture panoramique sur l’adret. Un espace feutré, cosy, où les fauteuils crapauds frangés tutoient des bergères jaune vif de facture contemporaine. Une atmosphère surannée et envoûtante que l’on peine à quitter. © Sacha Bittel

 Un air d’ailleurs

 

Une ample cage d’escalier dessert les trois étages de la maison. La tapisserie anglaise au motif d’ananas – en référence aux voyages en Amérique du Sud de Jean Travelletti – valorise des portraits de famille du XVe, issus de la collection de la maîtresse de céans. © Sacha Bittel

Espace de confidences

 
Un vanity homogène avec vasques intégrées, dessiné par l’architecte Götz Menzel et conçu par des artisans du cru, occupe le centre de cette éblouissante pièce. Une inspiration de la maîtresse d’ouvrage, soucieuse de vivre ou de voir se partager de précieux moments de complicité avec des petits-enfants dans une salle d’eau commune. Y attenant discrètement, se profile l’espace douche. © Sacha Bittel

Les idées que l’on aime

 

Accessible par une trappe, la tour du chalet demeure ce «nid d’hirondelle des enfants», à l’abri du regard des adultes. Un espace libre d’être (ré)approprié au fil des générations. Une ribambelle de chambres, parfois communicantes, célèbrent la joyeuse atmosphère d’une colonie de vacances. Des armoires reconstituées à partir d’anciennes portes de mobilier de colonies et agrémentées de pieds pointus et de «cornes» sommitales, unifient «ancien» et «nouveau» tout en ouvrant, une fois de plus, le champ de l’imaginaire. «Le mobilier participe aussi à la création de lieux remplis de potentiel de mémoire pour les petits enfants», souligne Catherine Gay Menzel. Enfin, le détail qui fait mouche: un discret mais efficace puits de lumière trilatéral. © Sacha Bittel

 

Cet article peut être lu dans notre magazine « Votre habitat» en cliquant sur la couverture ci-dessous.


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